PlumePerdue
Battling S**i n’est pas mort.
Il refuse encore.
Pas sur un ring, mais contre les frontières invisibles, les visas, les mémoires pillées et les rêves empêchés.
KEMBAARU S**I (le continent du refus) est né de cette question : pourquoi les jeunes africains continuent-ils de risquer leur vie sur l’océan en tentant de joindre l’Europe?
Ils ne vont pas à la recherche de richesses. Ils répondent à l’appel de nos ancêtres enfermés dans leurs musées et qu’ils appellent œuvres d’arts africaines.
À travers la figure de Battling S**i, la performance devient une traversée poétique entre héritage, résistance et liberté, une conversation avec nos milliers de masques dérobés et qui ne reviennent jamais.
C’est une œuvre qui se déploie comme une installation vivante : un masque ancestral, des objets chargés de mémoire, un avion suspendu au dessus d’une cage qui dialogue avec une pirogue comme une promesse ambiguë de départ et d’exil. L’espace devient un champ symbolique où les corps, les silences et les matériaux racontent ensemble une histoire de fracture, de dominations, de violences, de répressions mais aussi d’ancrage.
Au cœur de cette recherche, j’interroge le refus comme valeur : le refus des visas, le refus des corps, le refus des récits, mais aussi ce que ce refus produit en nous : résistance, invention, mémoire et transformation.
La performance se construit avec la population locale, en dialogue direct avec celles et ceux qui vivent au quotidien les effets des ressources pillées et des héritages de domination. Leurs gestes, leurs voix et leurs présences nourrissent la matière même de l’œuvre, faisant de KEMBAARU S**I un acte partagé plutôt qu’un simple récit.
Entre poésie incarnée, slam, musique et installation sensible, l’œuvre explore les frontières visibles et invisibles, et raconte une urgence simple et brûlante : le droit de rester, le droit de circuler et surtout le droit d’exister librement en tant que « Corps noirs ».
03/04/2026
La première fois qu’on m’a annoncé sur scène, c’était le 16 mars 2019 au vendredi slam.
Comme pour toutes les premières fois… 1, 2, 3… le public a acclamé mon nom.
J’ai eu peur.
J’ai oublié mon texte.
C’était mon poème préféré.
Celui que je maîtrisais le plus.
Je l’avais écrit pour chanter les beaux yeux de ma mère…
C’était son cadeau d’anniversaire.
Le 26 mars 2026, lors de la Zamalogie à Paris,quand je suis descendu de la scène, le public a continué d’acclamer…
Peut-être parce qu’ils voulaient que je passe toute la nuit à partager ma poésie…
Ces textes qu’ils connaissaient si bien.
Ils assuraient même les refrains.
Est-ce donc ça la réussite ?
Non !
Je reviendrai.
Guichet fermé.
500 000 places sur la tour Eiffel.
Oui.
Je suis Maam Góorgi Njaay,
Slam-mbër intercontinental.
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