Charilogone Media Rwanda
09/05/2026
Alerte ! 🛑 – Pourquoi le dialogue n’est plus une solution au problème tchadien - May 8, 2026
Par : Joe Le Mutant – La Rédaction
Le Tchad traverse aujourd’hui une crise profonde, multiforme et persistante, au point que le mot « dialogue » ne semble plus avoir de sens réel dans la bouche de ceux qui le brandissent. Alors que le pouvoir continue d’en faire un slogan politique, la réalité du terrain montre que les conditions minimales d’un dialogue sincère, inclusif et crédible ne sont plus réunies. D’où la question centrale : pourquoi le dialogue n’est-il plus une solution au problème tchadien ?
Il est frappant de voir les partis politiques — les mêmes qui ont assisté au DNIS — ainsi que certains religieux et chefs de canton, appeler de nouveau au dialogue. Les religieux, traditionnellement perçus comme des figures de sagesse, semblent aujourd’hui agir davantage par désespoir que par conviction, tant il apparaît évident que cet appel n’a aucune chance de raisonner un pouvoir solidement installé dans une logique de continuité autoritaire. Pendant que les « vainqueurs » de la transition consolident leur position, ceux qui ont refusé de participer au DNIS sont arrêtés et emprisonnés sous des prétextes fallacieux : Dr Succès Masra, les membres du GCAP, ou encore Wakit Tamma, qui ne peut même plus se réunir pour réfléchir à l’avenir du pays. Dans un tel contexte, parler de dialogue relève presque de la provocation.
Sur le plan sécuritaire, la situation est tout aussi préoccupante. L’armée, perçue comme clanique, est envoyée massacrer des citoyens à Korbol, tandis qu’à l’Est elle refuse de désarmer les Zakawa Totoboro fuyant Al-Fasher et s’en prenant aux populations Tama de Dar Tama. Les tensions arabo-hadjaray s’aggravent sans que le pouvoir ne s’y intéresse réellement. Les conflits communautaires ne sont plus une priorité, alors même que Boko Haram continue de semer la mort dans la région du Lac, où des militaires en civil sont enterrés dans des fosses communes. Cette gestion sélective de la sécurité renforce le sentiment d’abandon et d’injustice.
La diplomatie tchadienne, autrefois lisible, est devenue confuse. On ne sait plus clairement qui sont les alliés du Tchad et qui sont ses adversaires. Peut-on réellement considérer la France ou la Hongrie comme des partenaires fiables pour soutenir l’armée tchadienne ? Peut-on croire que les Émirats arabes unis, accusés de financer le conflit au Soudan, s’intéresseraient sincèrement au Tchad dans un contexte de rivalité irano-américaine ?
La CEDEAO, déjà incapable de condamner les récentes attaques djihadistes au Mali, pourrait-elle envoyer des troupes au Tchad ? Quant à la CEMAC, dont le Tchad est pourtant le bras armé, elle n’a jamais envoyé le moindre contingent pour soutenir les pouvoirs Déby. Même la Centrafrique, dirigée par Touadéra, redoute l’instabilité venant de sa frontière nord, saturée de groupes armés tchadiens.
Face à ce tableau sombre, il est difficile de croire que le dialogue puisse encore résoudre quoi que ce soit. Les recommandations du DNIS, pourtant bien listées, sont très mal appliquées. Le MPS, au pouvoir depuis 36 ans, n’a jamais présenté de bilan convaincant. Il a affaibli les institutions, dépecé l’État et perdu la confiance du peuple. La justice, loin d’être indépendante, est devenue un instrument de répression politique. Le verdict de huit ans de prison ferme contre les leaders du GCAP en est une illustration flagrante : au Tchad, n’importe quel leader politique peut être arrêté du jour au lendemain, affublé d’accusations fabriquées, puis jeté en prison. Cela donne l’image d’un pays où la justice n’existe plus.
Dans ces conditions, la solution au problème tchadien ne peut plus passer par un dialogue vidé de sens. Elle pourrait passer par un référendum sur le fédéralisme, si Mahamat Kaka avait le courage politique de l’organiser. Le fédéralisme offrirait une nouvelle architecture institutionnelle, réduirait la centralisation du pouvoir, responsabiliserait les régions et pourrait atténuer les tensions communautaires. C’est une piste sérieuse, qui mérite d’être débattue.
En vérité, le Tchad se dirige vers sa désintégration si rien n’est fait. Le pays a besoin d’actes courageux, d’une justice indépendante, d’une armée républicaine et d’un leadership capable de rassembler plutôt que de diviser. Tant que le pouvoir continuera d’utiliser le dialogue comme un simple slogan politique, sans volonté réelle de résoudre les problèmes économiques, sécuritaires et institutionnels, le pays restera enfermé dans un cycle de crises. Le temps n’est plus aux discours, mais aux réformes profondes et à la refondation de l’État.
Par : Joe Le Mutant – La Rédaction
Click here to claim your Sponsored Listing.
Category
Telephone
Address
Remera