Isabelle Erez Design
14/04/2024
191-eme jour de cette P... de guerre
Du blitz à la sortie d'Egypte
Ah, c'est toujours une sacrée effervescence en Israël à l'approche de Pessa'h !
On dirait que tout le pays se met en mode "grand nettoyage" ! Les rues embaument l'odeur de l’Ajax, les magasins de bricolage et de décoration sont pris d'assaut, et les poubelles vont exploser.
Nous, les Israéliens, sortons de notre léthargie hivernale pour redonner un coup de jeune à nos maisons. Mais cette année, l'ambiance est un peu différente. Malgré nos efforts pour rafraîchir nos intérieurs, nos pensées sont toujours ailleurs.
NOS OTAGES SONT TOUJOURS RETENUS QUELQUE PART DANS GAZA.
D'habitude, je suis la reine de l'organisation pendant cette période. J'avais toujours un plan d'attaque infaillible pour tout nettoyer et ranger. Mais cette fois-ci, c'est le chaos total !
Mon cerveau semble avoir décidé de faire grève de l'organisation. Je commence une tâche, qui m'en mène à une autre, qui m'en mène à une autre encore... Et entre deux, je jette un œil aux actualités. On nous parle de préparer des provisions pour une éventuelle guerre contre l'Iran. Alors j'ai commencé par acheter du chocolat, et maintenant je me retrouve avec un stock de conserves de maïs (que je n'apprécie même pas, d'ailleurs !).
Ça fait plus de 15 jours qu'on attend l'attaque de l'Iran et qu'on nous prépare à une coupure de courant et d'eau pendant quelques jours
En 15 jours, je suis devenue une experte en survie en haute montagne. Il n'y avait plus de plaques de cuisson à gaz en stock, alors j'ai opté pour le kit du parfait campeur, avec la micro-bouteille de gaz intégrée. Chaque jour qui passe, je perfectionne mon kit de survie. Et pendant ce temps, je fais le rangement pour Pessa'h et je découvre que j'ai environ 6 chargeurs portables pour téléphone, des lampes de poche pour enfants, et même une radio qui doit bien avoir plus de 10 ans ! Oui, une radio toute simple , le truc d'avant quoi!
Grand V, pour le kit familial.
Mon kit personnel est une toute autre histoire... Allez , on recommence à se coucher en jogging et soutien-gorge ! Ah, le bonheur ! Mais hier soir, j'ai poussé le bouchon un peu plus loin en gardant même mes baskets dans l’appartement . moins d'une minute 30 pour descendre 8 étages à pied
Mais non, je ne suis pas hystérique ! Je préfère juste être bien préparée. Je ne veux pas être un poids pour qui que ce soit.
Donc hier soir, à la sortie de Shabbat, le porte-parole de l'armée nous annonce une attaque imminente de l’Iran. Une heure plus t**d, il nous dit que l'attaque a commencé mais qu'on a encore du temps car les missiles prennent plusieurs heures pour arriver. Alors je fais le point avec chaque enfant, en leur rappelant les consignes de sécurité. "Oui maman, on sait !" me répondent-ils en chœur.
Et puis, commence le vacarme des avions. Le ciel devient un véritable aéroport militaire. Il y en a de partout. Je refuse de paniquer, donc je ne regarde pas la télé, je me contente de recevoir des notifications sur mon portable... qui est à Beyrouth pendant que mon ordinateur est au Caire... Bref, je ne sais plus où je suis !
Alors pour m'occuper, j'appelle les copines certaines sont dans les abris et d'autres devant la télé et je range encore des tiroirs de cuisine pour Pessa'h !
Vers 3 heures du matin, on nous annonce que c'est fini, avec un succès retentissant. Deux minutes plus t**d, je dormais comme un bébé...
Ce matin, en me réveillant, j'ai cru que tout ça était un cauchemar, mais non...
La plage est déserte. Je descends vite faire ma marche matinale et là je découvre en revenant qu'elle est interdite pour des raisons de sécurité... Ça explique pourquoi c'était si étrangement calme !
Après, je suis partie acheter de la peinture pour restaurer une table de jardin. Et là, une vie plus que normale, avec un monde fou dans les magasins de bricolage, mais avec un seul sujet de conversation : raconter sa nuit et être fier de la puissance de Tsahal.
Oui, notre armée a montré de quoi elle était capable. C'était une démonstration de force, de créativité et de coordination. Une armée de l'air qui a déjoué 99% des attaques. Se réveiller ce matin en se disant qu'on a évité le blitz du siècle, que notre armée a sauvé des milliers de vies civiles, et qu'on peut maintenant faire nos courses tranquillement en bâillant un peu plus que d'habitude...
Merci Tsahal.
08/04/2024
185eme de cette P.... de guerre,
133 otages dans la bande de Gaza
604 soldats sont morts
3100 soldats sont blessés
364 civils sont morts que dans le festival de musique
et tous les autres....
Il était une fois une histoire de pastèque...
Je n'ai jamais été particulièrement religieuse, mais j'ai toujours eu un attachement pour les traditions. J'aime les coutumes, les valeurs et les pratiques qui se transmettent de génération en génération au sein de mon peuple.
La prière "Chéhé’héyanou", celle que l'on récite lors de la consommation d'un fruit nouveau, est une bénédiction que j'affectionne particulièrement. J'apprécie l'idée d'être reconnaissante et heureuse de déguster un fruit frais de la nouvelle récolte, symbolisant une nouvelle année.
Ce shabbat, alors que je m'apprêtais à découper une pastèque, la question de réciter la prière "Chéhé’héyanou" m'a traversé l'esprit. Mais non, en y pensant bien, je me suis rappelée que la dernière fois que nous en avions dégusté c’était il n'y a pas si longtemps, un samedi 7 octobre en famille devant la télévision.
Et hop, me voila submergée par une vague de tristesse. Ces six derniers mois semblaient s'être écoulés à la fois si rapidement et lentement. Ma vie, tout comme celle de nombreux Israéliens, est bouleversée, et les épreuves semblent sans fin.
Depuis six mois, je suis devenue une experte en confusion :
• je confonds le tonnerre avec les explosions.
• Certaines nuits, je fais défiler les « news » comme si c'était ma playlist Spotify, redoutant une seconde guerre avec le Liban et maintenant une troisième avec l'Iran.
• Je n’arrive plus à aller sur la place des otages pour soutenir les familles. En fait, je n’arrive plus à croiser le regard des familles des otages. Je m'efforce de ne plus imaginer l'horreur, sachant que la cruauté du Hamas ne connaît pas de limites.
• Je suis si fière mais également si terrifiée pour nos jeunes soldats.
• La réelle tristesse se resserre autour de moi, et je ressens une douleur profonde pour mes enfants ainsi que pour les parents de leurs amis partis trop tôt.
• Dans cette tourmente, la vie nous fait passer du rire aux larmes si rapidement qu'on pourrait presque me qualifier de bipolaire en temps normal.
• D’un déjeuner hyper sympa avec les enfants dans un restau ultra branché et bondé de jeunes où je me prends par maladresse un coup de crosse de mitraillette d’un jeune soldat.
Mon stand de crêpes pour les soldats, qui était une source de réconfort, est en pause. Dans le sud, les soldats sont moins nombreux et n'ont plus le temps de s'arrêter. Dans le nord, les routes sont coupées. L’armée embrouille les applications de navigation donc depuis le 7 octobre tu es à l’aéroport de Beyrouth et elle limite l'accès aux civils. Alors, j'attends... J'espère de tout cœur que cette pause signifie que la guerre est finie et que nous pourrons bientôt reprendre nos vies normales, avec des pastèques, des crêpes et tout le reste.
Victime de la pression des médias, du stress et de l'incertitude, j'ai acheté des lampes sans électricité. Je ne les ai pas encore chargées et elles sont restées dans la voiture, donc achat totalement inutile mais toujours là pour ajouter une touche de ridicule.
J'ai également fait des petites provisions d'eau et de nourriture, mais soyons honnêtes, je n'ai pris que du chocolat et des gâteaux, car en période de crise, le confort alimentaire est la priorité numéro un. Et bien sûr, ils sont eux aussi restés dans la voiture, attendant désespérément d'être mangés ou fondus par la chaleur ambiante.
Pourtant, malgré tout ce chaos et ces péripéties, je trouve toujours un peu de réconfort dans le simple fait de déguster une pastèque, ce fruit si délicieux et rafraîchissant, symbole de renouveau et d'espoir.
Et qui sait, peut-être que la prochaine fois que je la découperai, je pourrai enfin réciter la bénédiction avec un sourire sur mon visage et un soupçon de folie dans mon cœur.
86-eme jour de cette P… de guerre et aussi le réveillon.
Nos 129 otages,
Depuis plus de 30 ans que j’ai fait mon alya, je suis devenue beaucoup plus sensible à la politique.
Jusqu’au vendredi 6 octobre, tous les dîners de famille étaient bercés par la politique en Israël. C’était comme une tradition après le Kiddoush on débat sur la politique et avec beaucoup d’ardeur. Nous sommes presque tous du même bord, mais chacun de nous a ses petites nuances.
C’est déjà assez pour faire chauffer le repas !
Il y a ceux qui sont des réels actifs, qui vont aux manifestations, ceux qui lisent tout, et aussi ceux qui sont très en colère et pessimistes sur l’avenir de notre pays.
Depuis le 7 octobre, je refuse, mais vraiment refuse de donner mon avis sur la politique et je m’écarte même physiquement à chaque fois que ce sujet monte.
Chaque chose en son temps, le temps des jugements arrivera, mais là en ce moment NON !
Mes amis vont les Motse-Shabbath à Tel-Aviv soutenir les familles des otages. Je ne voulais pas y aller, car j’avais peur de me faire piéger et que la politique intervienne.
Samedi dernier, il pleuvait beaucoup et une amie m’a raconté que les parents des otages n’ont pas cessé de remercier les manifestants. Ce rendez-vous est leur petit point de lumière. On ne les oublie pas.
Hier soir, Rony et moi y sommes allés.
Rendez-vous pris sur la « place des otages » à Tel-Aviv. C’est son nouveau nom, elle a été officiellement rebaptisée comme ça depuis le 7 octobre.
Plusieurs artistes ont créé des structures d’une créativité qui déchire le cœur. On déambule sur cette place de façon étouffée. On s’arrête sur une photo d’un otage et on passe à une autre. On regarde l’œuvre d’un artiste qui réveille un sentiment pour passer à une autre œuvre qui en réveille un autre. Toutes ces compositions m’accablent.
Un enfant joue sur un piano public, il ressemble tant à la photo de l’otage qui est à côté de ce même piano. Est-ce son petit frère ou un hasard ?
On a mal, très mal.
Ils sont encore 129 femmes, enfants (Kfir 11 mois) et personnes âgées (86 ans) kidnappés, torturés, violées ou même morts et ça depuis 86 jours….
Si pour nous le temps ne passe pas alors pour eux….
19 H 30 : début officiel de la manifestation pour le soutien du retour IMMEDIAT des otages. Une grande estrade noire, les familles avec les panneaux de leurs otages sont là. Ils sont stoïques, forts, nobles et épuisés.
L’animateur est d’une douceur et d’une empathie incroyable. Il remercie le public d’être là et ne pas les oublier. La jeune femme pour la traduction en langage sourd/muet est tout simplement une fée si délicate. La regarder traduire avec une telle élégance et douceur est peut-être encore plus poignant que d’entendre les paroles. Il y a des personnalités de tous les domaines, des chanteurs connus, un ancien diplomate américain, l’actrice d’une série américaine de Netflix, des frères, des papas, une otage fraichement libérée… Chacun parle avec son cœur, sans discours, dans la simplicité de la souffrance.
Mes larmes coulent.
La jeune femme otage libérée nous raconte sans aucun détail sa souffrance, sa notion de temps, sa solitude, sa peur. Son seul espoir était qu’elle était certaine qu’Israël se battait pour sa libération.
Le petit film sur ce jeune chanteur prometteur de l’émission « une Etoile est née « et qui est mort moins de 3 semaines après son audition.
J’essaye un maximum de pleurer dans la plus grande des discrétions. Eux, les familles se tiennent alors moi aussi, je suis obligée pour eux. C’est si dur. La foule est silencieuse.
Je me retourne pour voir Rony est toujours près de moi et, je me rends compte qu’il tient le panneau de la tante d’un jeune kidnappé. Cette image de Rony avec ce panneau m’effondre.
Oui, mes enfants ont eu de la chance. Ils n’étaient pas à cette fête et ils n’étaient plus soldats.
Rien n’est politisé, tout est dans l’unisson de faire rentrer TOUS nos otages MAINTENANT.
La manifestation se termine dans un silence lourd et pesant. L’animateur nous souhaite que la semaine prochaine, qu’il n’y ait pas de manifestation, car nos otages seront avec nous en Israël.
Un AMEN général se chuchote. Il ajoute aussi et ça dans la ville de Tel-Aviv la laïque que Bne-Brak une ville de juifs orthodoxes commence une prière publique à 22 H pour le retour des otages.
Le massacre du 7 octobre nous a fait bien comprendre qu'être antijuif n’est ni un souci, ni une honte et encore moins politiquement incorrect. Aujourd’hui, c’est simplement masqué par l’appellation d’être anti-israélien.
Les n***s de la Seconde Guerre mondiale, sont aujourd’hui le Hamas et leurs soutiens dans le monde qui hurle de la mer à la rivière, une Palestine libre. De la mer à la rivière ????
C’est-à-dire qu’ils ne nous veulent pas à côté d’eux, mais à notre place. Ils veulent tout Israël…. Et on continue à parler de paix ou de transfert ?
Le massacre du 7 octobre m’a aussi fait comprendre que ma seule et unique place libre est sans condition comme juive est Israël. Nous sommes donc dans l’obligation de créer un Israël uni et meilleur. Les soldats et les familles des otages le font déjà si bien. Ils ont compris et accepté l’idée de l’unité sans haine. Alors à nous, maintenant le peuple d’apprendre à être meilleurs et tolérants.
Alors, oui, j’ai envie d’y croire !
Et je vais me battre pour ce monde meilleur.
Bonne année.
83-eme jour de cette P… de guerre.
Une crêpe fleurie,
Demain, c’est déjà le week-end, cette semaine a été une réelle course contre la montre. J’ai terminé très t**d tous les soirs et je suis éclatée de fatigue. C’est exactement ce que je veux. Etre épuisée pour réussir à dormir.
Hier, sur la looooooongue route pour le sud, je voyais ce flux incessant de camions, de hammer, de tanks militaires. Cela devient comme une normalité, un décor qui m’interpelle moins.
Les routes sont redevenues normales. Mais je n’arrive pas à profiter des si beaux paysages du sud d’Israël. Ils sont tatoués par le 7 octobre.
Quand le premier mois je descendais, cette route était horriblement dure, car il y avait encore beaucoup de voitures brulées sur les bas-côtés, des chaussures, des sacs, des objets. Je me racontais des histoires sur certains objets. Je pleurais beaucoup sur ces routes.
Aujourd’hui tout est nettoyé, il ne reste que les buissons ou les arbres brûlés qui rappelle que le massacre du 7 octobre a existé et c’est pour cela que nous les anéantirons. Je les hais tous les jours un peu plus que la vieille.
Le premier mois, je n’arrivais même pas à regarder dans les yeux les soldats, je me protégeais, je ne voulais pas m’imprégner d’eux, ou pire encore j’avais peur de les reconnaître le soir aux tristes informations. Mon contact n’était que par le biais de la crêpe.
Aujourd’hui, je les écoute, je discute, je ris même avec eux. Hier, j’ai parlé longuement avec une soldate maman de 3 petits enfants qui est réserviste depuis le 7 octobre. Elle me confiait ses difficultés, l’engagement sans fin de ses parents nouvellement retraités, de leurs fatigues, de ses enfants un peu perdus, de son mari réserviste aussi qu’elle n’a « rencontré « que 3 week-ends depuis le début de la guerre.
Alors on s’habitue à « vivre » une vie dite « normale «, mais il n’y a absolument rien de plus léger ou de moins dramatique. Nous avons déjà 500 soldats morts, nous n’avons aucune nouvelle de nos otages. Chaque jour est un enfer pour tous, mais un enfer connu avec des sursauts de terreur, de survie et aussi de rires et légereté. J'ai meme fait une commande par internet chez Zara!
Mais cette semaine, après une éclipse de plus de deux mois où je me suis improvisée experte en crêpes et en maman éphémère , me voilà de retour dans l'univers magique, dans mon monde celui de la décoration florale.
La guerre m'a éloignée de mes décorations florales, des salles d’événementiel, des wedding-planner, des fêtes, de mes heures passées sur internet pour trouver de nouvelles inspirations, de connaitre tous les nouveaux trends de ma passion. J’avais presque oublié le cheminement de passer de rendez-vous pro, à devis, création, réalisation et surtout sourires émus et émerveillés de mes clients.
2 mois sans décors floraux et sans fête.
Certes, j’ai transferé ma créativité sur mes crêpes, je leurs propose des nouveaux toppings chaque semaine. J’ai ajouté le cidre chaud sans alcool et je teste un stand de pates à l’italienne avec mon amie.
Je pourrais presque ouvrir une crêperie !
Mon Instagram est envahi par des machines à crêpes et des crêperies du monde entier… Mes crêpes sont attendues et sont même un peu célèbres (selon mes enfants du moins!).
Cette semaine, ces rendez-vous pro sont un peu comme si je retrouvais mon jardin secret.
Je me sens tant à ma place parmi le monde de la joie, des fleurs, de la fête, mais il y a un "MAIS", un réel "MAIS" à cette euphorie.
Alors, reprendre mes rendez-vous pour des mariages et des bar-mitsva, c’est un peu comme revenir à la maison après un long voyage. Je suis si ravie de retrouver mes fleurs, mes prestataires, mon équipe.
C'est un retour attendu vers la normalité . Tout me revient comme si c’était hier. Ma tête se bouscule d’idées.
Au milieu de mes réflexions sur les arrangements floraux, une pensée se glisse pour ces incroyables soldats, nos héros au front.
Je ressens une sorte de culpabilité de ne pas partager ce temps précieux avec ceux qui veillent sur nous.
Depuis le 7 octobre, c’est la première semaine que je fais autre chose que soutenir nos soldats. Bon, je n’ai toujours pas réussi à voir un film ou à lire un livre.
Mais là, je choisis de continuer, de redonner de la couleur et de la joie aux célébrations, en espérant que mes fleurs puissent envoyer un sourire discret à ces soldats qui nous protègent si courageusement.
J’apprends à créer un équilibre entre la joie de reprendre, de la vie, de la fête et la pensée pour ceux qui sont au front. Je continue mon stand de crêpes avec la même intensité, le même amour et le même dévouement. C’est mon stand et eux nos soldats qui me donnent la force de retrouver ma passion et mon métier.
Merci à vous nos soldats de m’aider à retrouver mon « art », même si une part de moi est avec eux et pour eux.
Maintenant, mon objectif est d’offrir la décoration florale pour le mariage d’un soldat que je rencontrerais par hasard sur mon stand de crêpes.
Shabbath shalom et calme
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