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29/05/2019

J’AIME LA TENUE DE KEI NISHIKORI —————————————————————
Revoilà deux de mes semaines préférées. Une période de l’année où je dépose mon cerveau au placard pour me consacrer au rebond et son écho, l’œil fixé aux vibrations du filet (0,91m de hauteur au milieu, 1,07 sur les extrémités), la mémoire en ébullition: j’ai plus souvent accordé de temps à Roland Garros qu’à n’importe quel événement sportif sans pour autant avoir tant apprécier que ça pratiquer le tennis deux années durant entre 13 et 14 ans.

Évidemment, je possédais une paire de Nike Court magnifique.

L’arbitre en poste sur la rencontre opposant le français Tsonga au japonais Nishikori est magnifique; je plains d’ailleurs sa présence: en ce premier set le jeu est tendu et le mordant des actions laisse présager qu’il ne va pas falloir commettre d’erreurs d’arbitrage, d’autant plus que le public étant certainement majoritairement français et le défi du japonais consistant possiblement à aller plus loin que les 1/8 de finale atteints l’an passé la tension va être palpable.

Je ne ressens cet enthousiasme à l’égard d’aucun autre sport alors que d’autres Opens et tournois légendaires ne m’intéressent pas plus que ça! C’est étrange, je crois que j’ai même plus de plaisir à suivre le tennis que l’actualité du niveau du skateboard contemporain alors que j’étais dévoué à sa pratique pendant près de quinze ans.

J’ai reconnu David Douillet dans les gradins, à un moment où Tsonga se reproche une inattention l’amenant à devoir supporter deux jeux consécutifs perdus en début de deuxième set. Ça me rappelle une blague entendue dans un film à propos d’une variété de w**d appelée la David Douillet: « elle a l’air sympa mais tu tires une latte et PAAAWW: elle t’envoie au tapis! »

La montre Rolex mesurant l’évolution du temps sur le cours me rappelle à l’ordre: ma séance de kiné est à 15h. Il ne faut pas traîner.

21/05/2019

Il A TERMINÉ UN BOUQUIN —————————————————————
« Une belle histoire du temps » Stephen Hawking, Champs sciences.

Yup. J’ai visionné le biopic sur Netflix il y a quelques mois et je me suis posé des questions. Par exemple: quand mon père me répétait, souffrant de devoir m’expliquer un énième problème de mathématiques « Jean, c’est du français. » mon refus catégorique de vouloir (plutôt que pouvoir) considérer une certaine forme de logique n’a-t-il pas engendré dans mon comportement de tous les instants la frustration qui amène à l’ennui et la dépression?

Certes, je vais - pour ainsi dire - loin... dans l’infiniment petit. Une fois passé par la case hospitalisation et rééducation, la patience fut de rigueur - à tel point qu’elle a nécessité un encrage dans l’épiderme de mon torse pour que jamais je n’oublie son enseignement. La souffrance physique, mentale et morale chez le patient voit s’affronter les domaines spirituels et scientifiques. Du moins, c’est ainsi que cela s’est traduit au sein de mon organisme, de mes passions et de mon quotidien. Cette confrontation entre l’attente de résultats (de progression et de récupération, fussent-elles complètes) - un objectif presque in-atteignable puisque 76% Incertain (coucou FLUOGLACIAL) - et le fait de s’en remettre à une quelconque divinité passagère pour affronter la difficulté de l’attente est un phénomène que l’être humain ne peut que difficilement supporter s’il se considère comme un individu dont le seul but sur Terre n’est pas de j***r de la connaissance et de la Lumière mais d’atteindre la jouissance des plaisirs les plus matériels. Afin de lutter contre la surpuissance de l’ego qui est la pire des aberrations crées par l’homme et ce, malgré l’enchaînement des paradigmes et des théories qui alièneraient presque le vivant si l’on ne considérait pas leur dimension ludique, il faut s’en remettre à la science et à la philosophie. Comme il est écrit dans les dernières pages de cet ouvrage, la « seule tâche qui demeure pour le philosophe est la science du langage ». Autrement dit, le partage de la connaissance et de l’émerveillement devant le temps qui nous est imparti pour la compréhension de notre univers, de fait: « [...] cette idée d’un Dieu qui pourrait avoir envie de changer d’avis est un exemple de l’erreur, soulignée par Saint-Augustin, qui consiste à voir Dieu comme un être existant dans le temps: le temps n’est qu’une propriété de l’Univers créé par Dieu. Et si nous supposons l’existence de Dieu, nous pouvons alors supposer qu’Il savait ce qu’Il faisait en le créant! ».

Ainsi, le langage (« C’est du français, mon fils) est une vertu des plus puissantes pour le bonheur. La communication de cet état de jouissance à laisser s’échapper mon abrutissement et mon refus catégorique de considérer les choses dans leur élément scientifique est la principale qualité de cet ouvrage possiblement décrié par quelques personnalités bien plus érudites que moi. Je sais que je ne sais pas. Je sais que je peux savoir. Toi aussi.

PS: J’ai lu quelques trucs ces derniers mois, de Virginie Despentes à de la série B/série Z un brin slasher/porno. Outre son essai « King Kong Theory » ou le premier tome de « Vernon Subutex », le reste m’a fait c***r. Ça ne veut rien dire et j’ai même eu une altercation avec une femme un peu névrosée (ce n’est que mon avis) qui n’a pas supporté mon opinion sur le passage du livre à l’écran de « Vernon Subutex » notamment le personnage d’Alex Bleach qui est ridicule. J’expliquais l’autre jour à des amis âgés de la vingtaine que j’avais toujours cherché à lutter contre certaines formes de divertissement en ceci qu’elles nous font occulter une part de réel. Je ne fais que peu de faveurs à l’égard du romantisme ou de la fiction - peut-être pour cette raison que je me fais souvent basher dans mes critiques de film! D’après moi, seul le réel compte. Et l’instant présent. Les émotions/passions doivent être contrôlées et savamment triées. Et à cet instant, je ressens comme Marcel Pagnol cette chaleur lorsqu’il décide, enfant de consacrer sa vie à la science, juste en considérant l’alimentation de la lampe électrique.

Bisous

10/05/2019

UN AUTRE INSTANT CINÉ —————————————————————
« El Reino » Rodrigo Sorogoyen, 2019.

Thriller politique assez intense, « El Reino » invite Antonio de la Torre AKA Manuel López-Vidal, homme politique espagnol amené à entrer à la direction nationale de son parti, à se démerder pour ne pas couler dans une affaire de corruption, pots-de-vin, trafic d’influence et j’en passe qui risquerait de le fo**re au trou et l’empêcher d’aller jusqu’à la bouée quand il va nager avec sa fille...

Le contexte est assez contemporain, s’inspire d’une actualité politique assez raccord avec le climat européen - c’est d’ailleurs plutôt sympa de la part du réalisateur d’avoir eu ce projet complètement différent de son film « Que Dios nos perdone » de 2016 et d’avoir pris la décision s’embourber un casting d’acteurs dans les miasmes du pouvoir et de leur donner des rôles, émotions et réactions complètement différents à cet égard.

Outre la thématique, la réalisation dépeint avec un sacré souci du détail l’ambiance thriller: contrastes poussés, travail de lumière chiadé, plans étudiés, caméra au point bref une succession de techniques bien maîtrisées qui tiennent en haleine le long de ces deux heures de film.

Bien que « El Reino » soit un peu long j’ai trouvé la fin hyper expéditive. À vous de juger mais cette scène a un effet « Ah tchao, co***rd! » que j’ai trouvé un peu moyen!

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