Femmes Avec

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15/05/2026

SEXISME ET MASCULINISME : COMPRENDRE LES NOUVELLES RÉSISTANCES

Le sexisme n’est pas un sujet théorique.
Il traverse les rapports sociaux, les représentations culturelles, les espaces professionnels, les réseaux sociaux et les institutions. Il façonne encore profondément notre société, parfois de manière visible, souvent de façon plus insidieuse.

Avec Irène Basilis, nous avons présenté aux référent.es diversité & égalité du ministère de la Culture le rapport annuel du Haut Conseil à l’Égalité sur l’état du sexisme en France et sur la menace masculiniste.

Pourquoi ces temps d’échange sont-ils essentiels ?
Parce que le sexisme ne recule pas naturellement avec le temps. Il se transforme, se déplace, se recompose. Et parce qu’une démocratie qui ne regarde pas avec lucidité ses mécanismes de domination finit toujours par les banaliser.

Les chiffres du rapport sont préoccupants.

Le sexisme hostile, celui qui considère explicitement les femmes comme inférieures ou illégitimes dans certaines sphères de pouvoir, concerne 17 % de la population française.

Le sexisme paternaliste, plus feutré mais tout aussi structurant, touche près d’un quart de la population. Il repose sur une idée faussement protectrice : les femmes seraient “naturellement” plus douces ou plus fragiles.

Le rapport alerte aussi sur la progression des discours masculinistes.

Le masculinisme n’est pas une simple “opinion d’hommes en difficulté”. C’est une construction idéologique qui cherche à faire passer la défense de privilèges masculins pour une revendication d’égalité.

Cette mécanique se diffuse massivement dans les espaces numériques, notamment auprès des plus jeunes générations, via des contenus qui banalisent la domination ou la haine des femmes.

Les échanges avec les équipes du ministère ont été passionnants, en présentiel comme en visioconférence, témoignant d’un réel intérêt pour ces enjeux.

Ces espaces de réflexion collective sont indispensables : nommer les mécanismes, comprendre les stratégies de banalisation, donner des outils d’analyse et rappeler que l’égalité n’est jamais acquise.

Merci aux équipes du ministère pour leur accueil, leur écoute et la qualité des échanges.

06/05/2026

ÉGALITÉ FEMMES-HOMMES : CE QUE RÉVÈLE UN ÉCHANGE COMME MIXINSPIRATION

Mettre en lumière des parcours, valoriser des trajectoires, partager des expériences : c’est l’ambition portée par l’association BNP Paribas MixCity.
Pour cette 3ᵉ édition de , nous étions invitées, avec Ariane Benard, à partager nos regards et nos engagements. Cet échange a mis en lumière deux dynamiques : une progression réelle de la prise de conscience sur les enjeux d’égalité et, en parallèle, des résistances de plus en plus structurées.

Ariane incarne une approche stratégique de la transformation. Son engagement dans les réseaux et son rôle dans la structuration de collectifs comme MixCity ou 2GAP reposent sur une conviction forte : l’égalité ne peut progresser sans mobilisation collective et sans implication des lieux de pouvoir. L’ouverture de MixCity aux hommes s’inscrit dans cette logique.

Cette approche est indispensable, mais elle se confronte aux réalités du terrain.
Car derrière les engagements affichés, les inégalités ne disparaissent pas.
Le sexisme change de forme, devient plus diffus ou plus frontal, notamment dans les espaces numériques. Les discours d’égalité cohabitent avec des récits de contestation, voire de rejet.

Ce que j’observe aujourd’hui dans les entreprises, les institutions et la société, c’est une tension croissante. Les avancées sont là. Les cadres existent. Pourtant, les inégalités persistent.

C’est aussi ce que je constate à travers les formations que j’anime et l’action de Femmes avec…, association fondée il y a près de dix ans.
Sur les violences, ce décalage est particulièrement visible : la parole s’est libérée, mais les situations restent souvent minimisées ou mal traitées.

C’est dans cet écart entre intentions affichées et réalités vécues que se joue aujourd’hui la question de l’égalité.

Les transformations exigent un travail en profondeur : représentations, comportements, mécanismes invisibles. Cela suppose une implication des directions et un investissement réel dans la formation.

Dans ce contexte, des espaces comme MixInspiration sont essentiels. L’égalité ne se décrète pas. Elle se construit. Et se pratique.

Photos from Femmes Avec's post 03/05/2026

🔵 WOMAN — DES FEMMES EN TOUTE LUCIDITÉ
Woman est une œuvre construite comme une mosaïque de visages, de silences, de récits qui rendent impossible le détournement du regard.

Réalisé par .anastasia et , Woman donne la parole à des milliers de femmes à travers le monde. Sans contextualisation, sans géographie, sans date. Ce choix abolit les distances pour imposer une évidence : ce que vivent les femmes n’est pas une somme de situations individuelles. C’est une condition partagée.

Un monde où les corps des femmes sont régulés, contrôlés, commentés.
Un monde où leur liberté reste conditionnelle.
Un monde où leur parole doit se frayer un chemin.
Un monde où les corps sont assignés, évalués, fragmentés.
Un monde où l’hypersexualisation coexiste avec la honte.
Un monde où les violences sont des mécanismes, inscrits dans des rapports de pouvoir, tolérés, minimisés, parfois justifiés.
Woman parle aussi de confiance, de fierté, de puissance, de joie d’être une femme.

La table ronde a prolongé ce mouvement.

🔹 : ce modèle de réussite fondé sur la compétition, la disponibilité totale, le sacrifice de la vie personnelle, exclut autant qu’il épuise. Continuer à demander aux femmes de “jouer selon les règles” revient à les maintenir dans un cadre qui les a marginalisées.
La rupture consiste à changer les règles.

🔹.braunpivet : le pouvoir ne se donne pas. Il se prend. Les femmes représentent un peu plus d’un tiers des députés, mais restent absentes des postes les plus élevés. À peine 20 % de femmes maires. La parité formelle ne produit pas l’égalité réelle.
Accéder à ces fonctions reste une exception. La responsabilité des femmes en position de pouvoir est immense pour transformer les structures : nommer, ouvrir, refuser le sexisme.

La réponse porte un nom : la sororité.
Enfin, le film ouvre une perspective plus large. Les violences extrêmes — mariages forcés, mutilations, privations de droits fondamentaux — sont le produit de choix politiques. Elles doivent être combattues.

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