ODIEP
ODIEP résume un Rapport du SENAT de juin 2023 concernant PARCOURSUP
La dernière enquête d'opinion annuelle, commandée par le ministère de l'enseignement supérieur et réalisée par l'institut de sondages Ipsos, fait ainsi état d'une angoisse croissante et d'une érosion du sentiment de clarté, de fiabilité, de transparence, de justice, de rapidité.
Nous comprenons bien ce chiffre très parlant de 83 % de jeunes se disant stressés par la plateforme. Parcoursup ne leur inspire toujours pas confiance, cinq ans après sa mise en place.
Il y a un obstacle principal à sa bonne acceptation.
C’est le caractère encore trop opaque des modalités de classement utilisées par les commissions d'examen des voeux. Celles-ci étant à la discrétion de chaque formation, elles donnent lieu à des pratiques très diverses : emploi ou non d'une formule mathématique de pré classement, prise en compte ou non du lycée d'origine... Ce manque de transparence -notamment en comparaison de certaines pratiques étrangères (Allemagne, pays scandinaves) -, couplée à une grande hétérogénéité des méthodes de classement, suscite toujours une forte suspicion et ne permet pas aux candidats de bien estimer leurs chances d'admission. Or il est
évident que, sans confiance des jeunes et de leurs familles dans la façon dont les dossiers sont
examinés et classés, le système ne peut susciter adhésion.
Nous remarquons après avoir échangé avec les représentants de plusieurs catégories
d'établissements d'enseignement supérieur (universités, lycées à CPGE, écoles de commerce
et d'ingénieur, Sciences Po Paris, Ifsi...), que l'effort de transparence sur les pondérations que
les commissions d'examen des voeux utilisent, avec ou sans traitement algorithmique, est très
variable d'un établissement à l'autre :
- dans les universités, l'existence d'un algorithme de pré-classement, non rendu public, est
quasi systématique au vu du nombre très important de candidatures ;
- dans les lycées à CPGE, le traitement humain est prépondérant, avec un spectre de critères
plus large à mesure que la sélectivité de l'établissement augmente, et dont la pondération
quantitative reste parfois vague ;
- dans les écoles d'ingénieur partenaires du groupe Institut national des sciences appliquées
(Insa), il est fait recours au même algorithme « maison » de pré-classement, pour lequel n'est
indiquée que la pondération des trois grandes masses le composant ;
- à Sciences Po Paris, à l'inverse, aucune formule mathématique de pré-sélection n'est utilisée.
Un rapide focus intéressant sur le lycée d'origine comme paramètre de classement.
Selon la Cour des comptes, jusqu'à 20 % des filières non sélectives les plus en tension ont eu
recours à ce paramètre en 2019.
Conclusion de ODIEP : Il faut absolument approfondir la transparence des critères d'examen des vœux et donc modifier la loi votée qui permet aux commissions des vœux de ne pas divulguer leur critère de sélection.
Parcoursup 2024 : Non, les élèves boursiers ne piquent pas les places des « bons dossiers »
FAKE OFF•Une élue de Versailles affirme que la plateforme ferait passer les « critères sociaux en premier », au détriment des « bons dossiers »
Camille Poher
Publié le 11/06/2024 à 16h58 • Mis à jour le 11/06/2024 à 17h01
L'essentiel
· Ce mardi s’est ouvert la seconde phase d’admission complémentaire de la plateforme Parcoursup pour tous les lycéens de Terminale et les étudiants en réorientation.
· Sur X, Céline Jullié, une élue de Versailles, affirme que les étudiants boursiers seraient favorisés au détriment d’étudiants aux « bons dossiers », cassant ainsi une certaine « logique du mérite ».
· Après vérification, s’il existe bien des quotas pour les élèves boursiers, cela n’a rien à voir avec les refus que reçoivent les « bons dossiers » dont fait mention la conseillère municipale d’extrême droite.
Parcoursup 2024 : Non, les élèves boursiers ne piquent pas les places des « bons dossiers »
C’est le second round. Ce mardi depuis 14 heures, la phase d’admission complémentaire de la plateforme Parcoursup a commencé pour tous les lycéens de Terminale et les étudiants en réorientation de France. Les candidats concernés par cette seconde étape sont ceux n’ayant pas reçu de proposition d’admission lors de la phase principale il y a douze jours.
A ce moment-là, Céline Jullié, conseillère municipale d’opposition à Versailles, s’était exprimée sur Parcoursup depuis son compte X. Dans une série de tweets, la candidate Reconquête aux dernières législatives avait affirmé que Parcoursup faisait passer les « critères sociaux en premier » et que l’algorithme, qu’elle juge « idéologique », serait destiné à « casser la logique du mérite ».
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L’élue a également repartagé plusieurs extraits d’articles de presse mettant en avant la réussite d’élèves boursiers mais aussi celui d’un jeune migrant, et à l’inverse l’échec de « bons dossiers » qui feraient des lycéens concernés des « enfants broyés par le système ».
Mélangeant « mauvais dossiers » et élèves boursiers, « bons dossiers » et notion de mérite, Céline Jullié créer le trouble sur son compte X en affirmant avoir révélé au grand jour « la vérité que personne ne veut avouer ». Mais son « enquête » est partiale.
Fake OFF
« Oui, il existe des quotas pour les étudiants boursiers sur Parcoursup, explique Jérôme Teillard, chef du projet Parcoursup au ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche. Mais ce n’est un secret pour personne ». Après une simple vérification par 20 Minutes, on s’aperçoit que l’ensemble des informations concernant les élèves boursiers sur Parcoursup est consultable depuis le site dédié du ministère. « En revanche, Parcoursup ne décide pas de ses quotas, explique Jérôme Teillard, il met simplement en œuvre un principe posé par la loi du 8 mars 2018 visant à prioriser l’accès à l’enseignement secondaire pour les lycéens boursiers ».
L’objectif de cette loi ? « Mettre en place une dynamique de promotion de l’égalité des chances, à une époque où l’accès des lycéens d’origines modestes à l’enseignement supérieur montrait un très large retrait par rapport aux autres catégories sociales », précise le chef du projet. Cette loi, qui pose le principe, donne ensuite compétence aux recteurs d’académies pour fixer les taux en concertation avec l’ensemble des établissements. « Entre 2000 et 2005, grâce à ces quotas, le taux de lycéens boursiers a progressé de 5 points, passant de 20 % à 25 % des effectifs admis », conclut Jérôme Teillard.
« Aujourd’hui, si beaucoup de très bons élèves se voient refuser leurs vœux sur Parcoursup, cela n’a rien à voir avec les étudiants boursiers », poursuit Alexandre de Lamaziere, coach orientation scolaire et président de l’ODIEP, centre d’information et d’orientation privé. « Depuis 2009 et la création de Parcoursup [anciennement APB], le niveau s’est extrêmement durci sur la plateforme », ajoute le professionnel. Il explique ce durcissement par le manque de place dans les établissements publics : « Le nombre d’étudiants dans l’enseignement supérieur a triplé en quarante ans ».
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