Albin de la Simone
30/03/2026
Ma première grande passion musicale a été le jazz. Pas le dixieland de mon père, non, le jazz contemporain européen de Texier, Romano, Portal... J’ai longtemps cru que cette passion allait aussi être mon moyen d’expression. Mais après dix ans d’inconfort, j’ai compris que c’est en écrivant et en chantant des chansons que je m’épanouirai. Je me suis alors tenu très loin du jazz. Parce que j’ai souvent trouvé que le rapprochement des deux menait à une chanson saveur jazz. Mon respect pour cette musique m’interdit de n’en prendre que la couleur en ignorant tout ce qui en fait la grandeur : improvisation, ouverture.
Quand Denis Lebas m’a demandé si je serais tenté par une création me reliant au jazz dans le cadre de son mythique festival Jazz sous les pommiers, j’ai vu l’évidence : c’eut été bien snob de ne pas essayer d’y réfléchir alors qu’il y a trente ans, j’aurais tué pour y être programmé.
J’ai réfléchi une seconde et j’ai pensé à , vieux frère à baguettes, avec lequel pendant quelques trop courtes années 2000, j’ai joué quasi-quotidiennement, avec Souchon, Aubert, Boogaerts, justement quand je quittais le jazz et ou lui s’y engageait corps et âme. Fabrice et moi avons toujours été profondément compatibles. Si je me rapproche du jazz, ce sera avec lui. Il joue beaucoup avec , dont j’aime et admire l’approche musicale, l’abstraction pleine de sens, et tous les deux sont très complices.
Alors j’ai ramé dans leur direction, et leur ai proposé d’aborder ma barque pour, en pirates bienveillants, en prendre le commandement et la direction. Nous nous sommes retrouvés dans un petit studio. Dès les premières notes j’ai senti que l’aventure avait grand sens, et que ça avait valu la peine d’attendre cette occasion-là pour associer à nouveau le mot jazz à mon nom.
photojslp
17/03/2026
Alors que tous les citadins de mon âge rêvaient d’être pompiers, pour maîtriser le feu dans des camions rouges sophistiqués, nous, enfants de la campagne, étions fascinés par les tracteurs et les machines agricoles. Véritables vaisseaux, concentrés de puissance et de technologie, ils quittaient leurs bases au petit matin, pilotés par des hommes en bottes, pour accomplir de dangereuses missions aux confins des champs de luzerne. Parfois même partaient-ils à la rencontre de civilisations non-humaines, par delà les bosquets.
Deux grandes marques de tracteurs dominaient le marché : en maillot rouge, la robuste et abordable Massey-Ferguson. En maillot vert et jaune, la luxueuse et innovante John Deere.
Il n’est pas inintéressant de souligner que dans beaucoup de nos villages, en quelques décennies, les fermes modestes et artisanales équipées en Massey-Ferguson ont cessé leur activité, alors celles équipées en John Deere prospèrent, n’ayant d’ailleurs sûrement de vert que la couleur du tracteur.
PS. Je n’ai pas su choisir quelle version de mes tracteurs garder : celle en noir et blanc à la plume, celle à la plume avec couleurs ajoutées, ou seulement les couleurs sans le dessin à la plume. Que préférez-vous ?
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