Sophie Roubertie

Sophie Roubertie

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Photos from Sophie Roubertie's post 28/05/2025

Choisir un seul tableau parmi toutes ceux découverts pendant quelques jours passés cette semaine à Naples, voilà qui n’est pas simple...

J’ai retenu « les œuvres de miséricorde » du Caravage, exposé au Mont Pieux de la Miséricorde (Piomonte), car je suis impressionnée par la capacité du peintre à montrer les 7 œuvres de miséricorde en une seule toile, en en conservant l’unité. Le Caravage avait alors fui Rome, recherché car il avait tué un homme en duel. Son talent est reconnu ailleurs, même s’il est fugitif...

La lumière est vive, éclairant chaque détail de la scène, située dans un quartier pauvre de Naples :
sur la partie haute, la Vierge de Miséricorde, entourée d’anges, sourit à Jésus (image 2) qui regarde vers le bas, comme satisfait de voir une humanité généreuse face à la souffrance.

« Donner à manger à ceux qui ont faim » et « visiter ceux qui sont en prison » sont représentés par le vieillard Cimon allaité par Péro, une ancienne histoire romaine (image 3).

« enterrer les morts » : au centre de la toile, un religieux éclaire la route d’un fossoyeur (image 4).
St Martin, avec son chapeau à plume, partage son manteau avec un pauvre paralysé, illustrant « habiller ceux qui sont nus » et « visiter les infirmes ». A sa gauche, un homme portant une coquille sur son chapeau semble être accueilli par celui qui évoque « accueillir les pèlerins ». Derrière eux, Sanson boit de la mâchoire d’un âne (un récit de l’ancien testament), pour « donner à boire aux assoiffés » (image 5).

Quel talent !

Photos from Sophie Roubertie's post 07/11/2024

Alors que la Renaissance aimait les représentations idéalisées, Caravage opte pour un réalisme saisissant. Il faut dire que le peintre choisissait volontiers pour modèles des personnages ordinaires, parfois même peu recommandables, issus des bas-fonds romains. Il voulait que ses personnages soient réels.
La composition est en apparence très simple : dans ce « garçon à la corbeille de fruits », un jeune homme tient contre sa poitrine une corbeille de fruits sur un fond sombre.
Une lumière crue jaillit d’une source invisible, créant des contrastes forts entre les ombres et les lumières. Ce clair-obscur accentue le réalisme de la scène et donne une impression de profondeur, sculptant les formes et mettant en valeur les textures du vêtement et des fruits.
Le regard direct semble fixer le spectateur, tandis que la bouche entrouverte laisse une impression à la fois innocent et provocante.
La corbeille est, en elle-même, un chef-d’œuvre de nature morte. Le peintre rend compte des formes irrégulières, des couleurs éclatantes. Les raisins sont gorgés de fruits, les pommes sont légèrement cabossés et les feuilles, sèches et ternies, portent les marques de l’automne qui arrive.
Ce tableau comporte une dimension symbolique : on peut voir une évocation de la jeunesse et de la beauté. Quant aux fruits, de nature éphémère, ils sont traditionnellement associés au temps qui passe, ainsi qu’à la vanité, signifiant que nous sommes tous mortels, comme la feuille qui s’échappe du panier.
Cette huile sur toile de 1596 est habituellement exposée à la Galerie Borghèse, à Rome. Pendant les travaux qui y sont entrepris, le musée Jacquemart- André l’expose avec une quarantaine d’œuvres de la Renaissance et baroques. A voir ! L’exposition vaut le déplacement, mais il y a du monde !

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