Jocelyn FLEURISCAT
Qu’est-ce qui nous est arrivé ?
De jeunes femmes qui auraient dû être sur les bancs de l’université, penchées sur leurs livres, rêvant d’avenir, se montrent aujourd’hui sur les réseaux sociaux comme des trophées vivants de chefs de gangs. Elles revendiquent un statut, lancent des défis à la , affichent une fierté qui glace le sang.
Et un pays tout entier regarde, impuissant, se demandant : comment avons-nous pu tomber aussi bas ?
Ce phénomène n’est pas un accident. C’est le résultat d’une dérive collective, d’un État démantelé, d’une société sans repères, sans perspectives, sans justice et sans horizon.
Quand une nation laisse se dégrader son système éducatif, quand l’université devient un privilège inaccessible, quand la réussite honnête n’offre plus de sécurité ni de stabilité…
Alors d’autres modèles s’imposent.
D’autres « héros ».
D’autres « protections ».
D’autres « avenirs ».
Les gangs, eux, n’ont pas seulement conquis des territoires.
Ils ont conquis des imaginaires.
Ils sont devenus, pour certains jeunes, les seuls qui offrent argent, sécurité, appartenance, visibilité, même si cela mène à la destruction.
Ces jeunes femmes ne sont pas seulement coupables : elles sont aussi victimes d’un pays qui les a abandonnées, qui n’a pas su les retenir, les protéger, ni leur offrir un chemin digne.
Lorsque l’État est absent, la rue devient le professeur.
Lorsque l’école ne joue plus son rôle, la criminalité devient un choix rationnel.
Lorsque la justice ne garantit rien, la loi du plus fort devient la seule loi.
Nous payons aujourd’hui le prix de 30 ans de délitement, d’impunité, de mensonges, de dirigeants incompétents ou corrompus, et d’une communauté internationale qui a rarement compris ce pays qu’elle disait vouloir aider.
Mais la question la plus douloureuse est celle-ci :
Comment reconstruire une nation quand la jeunesse a perdu foi en elle-mĂŞme ?
La réponse ne viendra ni des gangs ni des élites isolées dans leurs quartiers protégés.
Elle viendra d’une vision nouvelle, d’un leadership courageux, d’un État qui réapprend à protéger, d’une école qui redevient une chance, et d’une société qui recommence à croire qu’elle mérite mieux.
Aujourd’hui, ne manque pas de ressources.
Elle manque de direction, de courage politique, de justice réelle. Et surtout, de respect pour sa jeunesse, qui devrait être le moteur du pays - pas le miroir de ses échecs.
Jocelyn FLEURISCAT
Paris, 01/12/25
Quelle que soit notre appartenance politique, gardons-nous de normaliser la violence, car elle se retournera inévitablement contre nous.
Des figures politiques, discréditées par leurs propres turpitudes et largement responsables de l’insoutenable dégradation des conditions de vie dans le pays, s’apprêtent une fois encore à solliciter les suffrages du peuple. À la faveur des prochaines échéances électorales, elles s’emploieront à séduire les consciences à grand renfort de promesses fallacieuses, usant de la parole comme d’une arme d’illusion massive.
Mais derrière les formules habiles et les engagements de circonstance, ces acteurs dissimulent mal leur véritable maîtrise : celle de l’opportunisme, de la duplicité, et d’un art consommé du camouflage.
Haïti semble enfermée dans un cycle tragique, une mécanique de régression où chaque tentative de relèvement est avortée par des trahisons, des ruptures d’élan, ou encore par la primauté systématique des intérêts particuliers sur l’intérêt général. Rien ne dure. Tout est sans cesse à reconstruire.
Ce cercle vicieux, dans lequel la nation s’abîme depuis des décennies, n’est pas le fruit d’une malédiction historique. Il est l’œuvre d’un système minutieusement entretenu par ceux qui tirent profit du désordre, de la paralysie de l’État et de l’épuisement populaire. Tandis que les citoyens peinent à subvenir à leurs besoins les plus élémentaires, une caste prospère dans le mensonge, la simulation et l’instrumentalisation de la misère.
Haïti n’avance pas parce que ceux qui prétendent l’incarner s’accommodent de son immobilisme. Ils se renouvellent en apparence, mais perpétuent, en réalité, les mêmes pratiques, les mêmes schémas, les mêmes renoncements.
Tant que cette logique de recyclage cynique ne sera pas radicalement rompue, notre histoire demeurera une répétition pathétique. Et notre avenir, une promesse toujours différée, toujours inaccessible.
Il est grand temps de rompre le sortilège. De sortir de l’illusion et d’exiger, enfin, une refondation authentique de notre vie politique.
Nou pa gen peyi de rechanj. Kèlkeswa lòt nasyonalite nou ta pran, kèlkeswa kote nou ye sou latè, Ayiti ap toujou rete nan kè nou...
31/05/2025
Le PSG vient d’écrire une page éternelle du football : 5-0 en finale de Ligue des Champions. Du jamais-vu. Un chef-d’œuvre. Une étoile accrochée au ciel de Paris, et dans le cœur de ceux qui n’ont jamais cessé d’y croire.
Mais au-delà du score, il y a une leçon.
Pendant des années, Paris a chuté, pleuré, été moqué, incompris.
Combien de fois ont-ils échoué aux portes du sommet ?
Combien de fois les "experts" ont-ils dit : "Ils n’y arriveront jamais" ?
Et pourtant… ils sont restés debout.
Ils ont persévéré.
Ils sont restés fidèles à leur ambition.
Ils ont patienté.
Et ce soir, ils ont pris leur revanche sur le destin.
Cette victoire nous enseigne que la réussite appartient à ceux qui ne renoncent jamais. Pas à ceux qui brillent tout de suite. Mais à ceux qui tombent et se relèvent, encore et encore. À ceux qui acceptent le doute, mais jamais la défaite définitive.
La grandeur se construit dans l’ombre, avec des valeurs.
Résilience. Loyauté. Patience.
Aujourd’hui c’est Paris.
Demain, ça peut être toi, si tu refuses d’abandonner.
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