Dentokan Colmar Jodo

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24/09/2025

Capsule historique : Tenshin Shōden Katori Shintō Ryū

La Tenshin Shōden Katori Shintō Ryū est considérée comme l’une des plus anciennes écoles d’arts martiaux du Japon encore existantes. Fondée au XVe siècle (vers 1447) par Iizasa Chōisai Ienao (1387-1488), samouraï devenu moine guerrier, elle est intimement liée au sanctuaire de Katori, dans la province de Shimōsa (actuelle préfecture de Chiba).

Le terme « Tenshin Shōden » signifie « enseignement véritable transmis par les dieux », soulignant la dimension spirituelle et religieuse de cette tradition. L’école se place sous la protection du dieu de la guerre Futsunushi no Kami, vénéré au sanctuaire de Katori.

La Katori Shintō Ryū n’est pas seulement une école de kenjutsu (art du sabre) : c’est un système martial complet, regroupant plusieurs disciplines :

le kenjutsu (maniement du sabre),

le bōjutsu (art du bâton long),

le naginata-jutsu (lance et hallebarde),

le sōjutsu (maniement de la lance),

le iaidō (art de dégainer le sabre),

ainsi que des enseignements stratégiques, de tactique militaire et de comportement.

L’un des points marquants de cette école est son organisation traditionnelle : elle fonctionne avec des serments d’initiation (le keppan), engageant l’élève à pratiquer dans le respect des règles, de la tradition et à ne pas utiliser ses connaissances à mauvais escient.

Aujourd’hui, la Tenshin Shōden Katori Shintō Ryū est classée au Japon comme Bien culturel immatériel (depuis 1960), ce qui en fait non seulement une école martiale, mais aussi un patrimoine culturel vivant. Elle continue d’être transmise de maître à disciple, au Japon et dans le monde entier, toujours fidèle à l’esprit de son fondateur : unir technique martiale, discipline morale et respect du sacré.

18/09/2025

Capsule historique : Masamune le Nihontō Tōshō

Masamune (XIIIe–XIVe siècle) est reconnu comme le plus grand forgeron de sabres du Japon (Nihontō Tōshō). Actif sous l’époque de Kamakura, il perfectionna l’art de la trempe et donna naissance à des lames exceptionnelles, réputées pour leur tranchant, leur solidité et leur élégance. Parmi elles, le fameux Honjō Masamune devint un symbole de l’autorité du sh**unat Tokugawa, transmis de génération en génération comme un trésor national.

Une légende illustre la différence entre Masamune et son élève Muramasa. Pour comparer leurs lames, ils les plongèrent dans une rivière : le sabre de Muramasa tranchait toutes les feuilles dérivant au fil de l’eau, tandis que celui de Masamune les laissait passer sans les blesser. Ce récit fit de Masamune l’image du forgeron sage, capable de créer une arme non seulement puissante mais aussi empreinte de discernement et d’éthique.

Aujourd’hui encore, ses lames sont admirées comme des chefs-d’œuvre et son nom reste associé au sabre idéal, union parfaite de la force, de la beauté et de l’esprit.

18/09/2025

Capsule culturelle : le Battōdō

Le battōdō (ou battō-jutsu) est un art martial japonais centré sur l’art de dégainer et couper d’un seul geste avec le sabre (katana). Son nom signifie littéralement « la voie du dégainé », soulignant la rapidité, la précision et la fluidité du mouvement depuis le fourreau (saya) jusqu’à la coupe.

Pratiqué comme discipline de budō, le battōdō développe la maîtrise du sabre, la concentration et l’harmonie corps-esprit. L’entraînement se déroule à travers des katas (enchaînements codifiés) et des exercices de coupe sur des cibles en tatami ou en bambou, permettant de travailler la vitesse, la justesse et le contrôle de la respiration.

Bien plus qu’une simple technique martiale, le battōdō est considéré comme un chemin de discipline intérieure : il affine la vigilance, la présence et la maîtrise de soi, dans l’esprit de la philosophie martiale japonaise où l’efficacité se conjugue avec l’éthique.

12/09/2025

Capsule du Budōka : Le Gorin no Sho, l’art du sabre et de la voie

Écrit en 1645 par le légendaire samouraï Miyamoto Musashi (宮本 武蔵), le Gorin no Sho n’est pas seulement un manuel de stratégie martiale : c’est une méditation sur l’art de vivre par le sabre. Musashi y transmet son expérience de combattant invaincu, mais aussi sa vision intérieure de la Voie (Dō, 道).

L’ouvrage s’articule autour de cinq « rouleaux » symboliques :

Terre (Chi, 地) : les fondations solides, la posture, l’ancrage. Musashi y établit les principes généraux de la stratégie, comparables à la stabilité de la terre.

Eau (Sui, 水) : l’adaptation fluide, la souplesse face à l’imprévu. Comme l’eau épouse toutes les formes, le budōka doit s’ajuster à chaque adversaire.

Feu (Hi, 火) : l’intensité du combat, la fulgurance de l’assaut. Le feu exprime la rapidité et l’agressivité dans l’action décisive.

Vent (Fū, 風) : l’étude critique des autres écoles. Musashi déconstruit les styles établis et affirme la liberté de son approche.

Vide (Kū, 空) : le plus mystérieux des rouleaux. Ici, Musashi évoque le détachement, l’intuition, la compréhension directe de la Voie au-delà de la technique.

Pour le budōka, le Gorin no Sho est une invitation à dépasser la simple maîtrise des formes (kata) pour atteindre un état où la stratégie devient naturelle, où le geste juste naît de l’union du corps, de l’esprit et du flux du moment.

Ainsi, Musashi nous enseigne que le combat n’est pas seulement l’affrontement : c’est une voie intérieure, une recherche de vérité à travers l’épée.

10/09/2025

Capsule historique : les 47 ronins

L’épisode des 47 rōnins est sans doute l’histoire la plus célèbre de la loyauté et du sacrifice des samouraïs au Japon. Elle se déroule au début du XVIIIᵉ siècle, durant l’époque d’Edo.

En 1701, le seigneur Asano Naganori, daimyo du domaine d’Akō, est humilié au château d’Edo par le maître de cérémonies impériales, Kira Yoshinaka. Perdant son sang-froid, Asano dégaine son sabre et blesse Kira dans l’enceinte du sh**un, un acte interdit. Il est condamné au seppuku (su***de rituel) et son clan est dissous. Ses vassaux deviennent des rōnins, des samouraïs sans maître.

Sous la conduite de Ōishi Kuranosuke, quarante-sept de ces anciens samouraïs décident de venger leur seigneur malgré l’interdiction. Pendant près de deux ans, ils mènent une vie discrète, certains se faisant passer pour des hommes déchus afin de détourner les soupçons. Puis, dans la nuit du 14 décembre 1702, ils attaquent la résidence de Kira à Edo, tuent ses gardes et l’exécutent.

Après leur vengeance, ils ne fuient pas : ils se livrent volontairement aux autorités du sh**unat. Le sh**un, partagé entre la loi et l’admiration pour leur fidélité, leur accorde une mort honorable. En 1703, les 47 rōnins se donnent la mort par seppuku.

Leur tombeau, au temple Sengaku-ji à Tokyo, est encore aujourd’hui un lieu de mémoire où l’on honore leur fidélité. L’histoire a été racontée dans des chroniques, des pièces de théâtre kabuki, des estampes et continue de nourrir l’imaginaire japonais comme symbole du bushidō : loyauté, honneur et sacrifice.

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