RVBK Conseil

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24/06/2026

LE CONGO 2025-2026: " l’excédent budgétaire sacrifié sur l’autel de l’investissement".

RVBK Conseil explique:

Le premier trimestre 2026 impose un constat brutal. En douze mois, l’excédent budgétaire du Congo s’est effondré de 96,3%. Dans le même temps, les dépenses d’investissement ont bondi de +499%. Deux chiffres, deux dynamiques opposées. Entre 2025 et 2026, l’État a choisi : moins de rigueur budgétaire, plus de relance. Un pari risqué quand les recettes pétrolières n’augmentent que de 1,9% en valeur réelle.

Rappelons que l'année 2025 a été l’année de l’assainissement des finances publiques s'inscrivant dans une logique de rigueur budgétaire sous la supervision du FMI dont la dernière r***e du programme fut validée en mars 2025. Durant ce programme, l’État avait maintenu la pression sur les dépenses. Les investissements publics étaient compressés. L’objectif était clair : stabiliser les finances, réduire le déficit, rassurer les créanciers. Le résultat de cette rigueur a fait tenir un excédent budgétaire grâce aux recettes pétrolières, portées par des prix relativement hauts et des rattrapages fiscaux, permettant ainsi de dégager une marge, tout en maintenant les dépenses d’investissement au minimum.

Mais, voilà 2026 commence " mal" et se présente comme l’année du déclic et du choc. En effet, le T1 2026 rompt avec cette politique de rigueur. L’État choisit la relance, quitte à faire exploser le déficit.
La première rupture se voit au niveau des recettes pétrolières. Elles n’augmentent que de 1,9% entre T1 2025 et T1 2026. Le pétrole ne porte plus la croissance.
La deuxième rupture vient du côté des dépenses d’investissement qui ont augmenté de +499% au T1 2026 par rapport au T1 2025. L’État débloque les chantiers gelés en 2025. La relance non-pétrolière commence. Le ratio investissement/PIB remonte d’un coup. Le choix politique est assumé : accepter un déficit aujourd’hui pour créer de la croissance demain.
La troisième rupture se constate au niveau de la dette intérieure. En 2026, 2 011 milliards de francs CFA doivent être remboursés au titre du service de la dette. 79,6% de cette charge concerne les créanciers domestiques : BTA, OTA, banques CEMAC. Le T1 2026 illustre la tension : 214,8 milliards payés en janvier, 108 milliards en février, 262,7 milliards en mars. Sur le trimestre, 795 milliards remboursés pour 812 milliards empruntés. L’État roule sa dette pour payer ses échéances et financer ses investissements.

Ces ruptures créent ,ce que les financiers appellent " l'effet ciseau" car c'est la combinaison de ces trois ruptures qui fait s’effondrer l’excédent de 96,3%. Autrement dit, entre 2025 et 2026, l’équation bascule. L’État gagne à peine plus, mais dépense cinq fois plus sur l’investissement et continue de payer une dette intérieure massive. Par conséquent, l'excédent budgétaire n’a aucune chance de survie. Il est divisé par 25 en un an.

Tout montre que le Gouvernement fait un pari sur le non-pétrolier car au-delà des chiffres, la comparaison 2025-2026 révèle une stratégie. 2025 était l’année où le Congo se soignait. 2026 est l’année où il se soigne en courant.

L’État sait que le pétrole ne suffira plus. Les recettes pétrolières +1,9% en T1 2026 le prouvent. Il décide donc d’investir massivement maintenant pour accélérer la diversification avec l'idée de créer des recettes fiscales hors pétrole assez vite pour absorber le choc de la dette intérieure et compenser le déclin pétrolier.

Mais le timing est tendu. Le FMI alerte sur des "besoins de refinancement importants" et une capacité de remboursement "sujette à des risques". Si les banques CEMAC réduisent leur appétit pour les titres congolais, la relance par la dette s’arrête. L’investissement +499% devient insoutenable sans recettes pétrolières qui repartent.

En conclusion, 2026, est une véritable année charnière. Si 2025, c’était l’austérité subie. 2026, c’est la relance choisie. Le Gouvernement sacrifie 96,3% de son excédent budgétaire pour tenter un +499% d’investissement. C’est le prix à payer pour sortir de la dépendance pétrolière. Mais c’est aussi un pari de liquidité. Il ne tient que si deux conditions sont réunies : les banques locales continuent de financer l’État, et les projets lancés génèrent des recettes non-pétrolières rapidement.

Le T1 2026 a planté le décor. Le reste de l’année dira si le pari 2026 était audacieux ou dangereux.

VR Au Carré

24/06/2026

NOTE D'URGENCE-

La dette publique du Congo-Brazzaville s’accélère et se déforme : le swap, seule parade urgente face au roule-boule de trésorerie.

Par RVBK Conseil

Les chiffres de flux du premier trimestre 2026 publiés par la Caisse Congolaise d’Amortissement révèlent une réalité brutale. Le Congo a mobilisé 812 milliards FCFA de financements entre janvier et mars, mais en a remboursé 795 milliards sur la même période. Le solde net disponible pour investir, payer les salaires ou apurer les arriérés se résume à 17 milliards FCFA. L’État ne s’endette plus pour construire. Il s’endette pour payer l’ancien.

RVBK Conseil alerte : sans opération de swap BTA contre OTA lancée dès maintenant, la trésorerie publique va entrer dans une zone de turbulences dès le deuxième trimestre.

En effet, le bulletin montre que la moitié des ressources levées vient de l’Eurobond de 700 millions USD émis en février. L’autre moitié provient du marché régional des titres publics via BTA et OTA. En face, les remboursements explosent. Sur les 470 milliards FCFA décaissés au titre de la dette intérieure, 412 milliards servent uniquement à rembourser le principal. Les intérêts ne représentent que 58 milliards.Le Congo ne paie pas cher sa dette. Il la rembourse trop vite. Chaque trimestre, le Trésor doit convaincre les banques du marché CEMAC de racheter pour 400 milliards FCFA de Bons et Obligations du Trésor juste pour boucler l’échéance précédente. C’est ce que les financiers appellent un roule-boule. La CCA elle-même note que 23% de la dette intérieure arrive à échéance dans 12 mois. Avec 16% de la dette totale à refinancer chaque année, le calendrier 2026-2027 devient un mur.

Face à cette mécanique, RVBK Conseil estime qu’il n’existe qu’une parade rapide et sans coût politique majeur : le swap.

Le principe est simple. Plutôt que de rembourser cash 300 à 400 milliards FCFA de BTA qui arrivent à échéance d’ici septembre 2026, le Trésor propose aux banques détentrices d’échanger leurs titres courts contre des Obligations du Trésor à 6 ou 7 ans. La dette totale ne bouge pas.L’échéance recule. La pression de trésorerie s’effondre.

L’urgence vient du calendrier. L’Eurobond de février a rouvert la fenêtre marché. Les investisseurs CEMAC acceptent encore du 6 ans au Congo à 5,9-6,0%. Mais cette fenêtre peut se refermer si le prix du pétrole fléchit ou si la BEAC resserre sa politique monétaire. Attendre la fin d’année pour agir ferait doubler la prime de swap et réduirait l’appétit des banques déjà sollicitées pour rouler les échéances de juin, septembre et décembre 2026. La CCA doit donc lancer dès maintenant une opération pilote ciblant les BTA arrivant à échéance juillet-septembre 2026. L'objectif serait de swapper au minimum 300 milliards FCFA. Le signal envoyé aux marchés serait clair : la dette congolaise s’accélère, mais l’État maîtrise sa déformation.

RVBK Conseil rappelle que le swap n’efface ni les arriérés ni le déficit budgétaire. Il ne règle pas le problème de fond. Il évite que le problème devienne une crise de liquidité. Le Congo n’est pas insolvable aujourd’hui. Il risque de le devenir demain par manque de cash, pas par manque de richesse. Et un défaut de liquidité sur des BTA serait plus brutal qu’un défaut sur Eurobond. Il tuerait la confiance du marché régional en quelques jours.

Le message est simple. Les chiffres T1 2026 prouvent que la dette congolaise s’accélère et se déforme. Le swap est l’outil qui permet de la ralentir et de la redresser avant 2027. Mieux vaut payer 6% sur 7 ans que 5% tous les 3 mois. La CCA a les données. Elle a la fenêtre. Il lui reste à prendre la décision.

VR Au Carré

22/06/2026

TRIBUNE

" Discours de politique générale du Premier ministre : Ambition affichée, finances sous pression".

Par RVBK Conseil - 22 juin 2026

Le Premier ministre Anatole Collinet Makosso a présenté ce lundi devant l’Assemblée nationale le programme d’action du nouveau Gouvernement. Un discours de plus de deux heures, solennel, qui pose les bases du quinquennat 2026-2031 sous le slogan "L’accélération de la marche vers le développement". Entre hommages au Président Denis Sassou N’Guesso, rappel de la légitimité du scrutin de mars et diagnostic lucide des fragilités, le chef du Gouvernement a voulu marquer une rupture de méthode : fini le temps des "12 batailles de survie", place aux "20 missions de construction".

Le ton est donné dès l’entame. Le Premier ministre inscrit son action dans la continuité, mais avec une exigence d’efficacité accrue. Il reconnaît sans détour les ombres du bilan précédent : sous-exécution des dépenses sociales et d’investissement, recettes hors hydrocarbures en deçà du potentiel, dette intérieure qui peine à reculer, réformes structurelles inachevées. Cette transparence est rare et crédibilise le propos. Le constat est simple : le Congo a tenu pendant la crise Covid et les chocs pétroliers, la dette extérieure est redescendue à 37% du PIB, l’inflation reste maîtrisée à 2,7%, la croissance repart vers 5,5% en 2026. Mais tenir n’est plus suffisant. Le peuple demande des résultats concrets dans son assiette, son salaire, son hôpital, sa route, l’école de son enfant.

C’est autour de cette attente que s’articule l’ensemble du programme. Vingt missions structurent l’action gouvernementale, de la mobilisation des ressources à la préservation de l’environnement, en passant par le capital humain, l’emploi, les infrastructures et la diplomatie économique. La première mission résume toute la difficulté de l’exercice : trouver de l’argent. Le Gouvernement vise 5 000 milliards de FCFA de recettes annuelles à moyen terme en réformant la fiscalité, en digitalisant le recouvrement et en élargissant l’assiette. Il compte aussi sur des financements innovants, des partenariats public-privé sécurisés et la valorisation locale des ressources naturelles. Pour y parvenir, un nouveau programme avec le FMI est déjà engagé. Le Premier ministre assume pleinement ce choix, qu’il présente non comme un aveu de faiblesse mais comme un label de crédibilité indispensable pour attirer la Banque mondiale, la BAD, l’Union européenne et les investisseurs. Il défend aussi le refinancement de la dette par eurobonds, non comme un nouvel endettement mais comme un lissage pour éviter les pics de remboursement et libérer des marges budgétaires.

Sur le capital humain, le discours est ambitieux. Éducation, formation, recherche et santé sont placées au cœur de la stratégie. Le Gouvernement promet de mettre en œuvre les États généraux de l’éducation, d’adopter une loi de programmation budgétaire pour le secteur, de rapprocher le ratio de personnel de santé du standard de l’OMS et de mettre en service les hôpitaux généraux d’Impfondo et de Kinkala. Sport et culture ne sont pas oubliés, avec la rénovation du CFRAD et la construction du musée de la mémoire et de l’esclavage. Les femmes et les jeunes sont érigés en priorité à travers le Pacte social signé le 8 mars.

La lutte contre les antivaleurs occupe une place centrale. Le Premier ministre promet de renforcer la Haute Autorité de lutte contre la corruption et l’Inspection générale de l’État, de promouvoir le mérite et de mettre fin à l’impunité. Sans administration intègre, aucun investissement ni aucune réforme ne portera ses fruits.

Côté économie, la diversification reste le maître-mot. Le secteur non pétrolier représente désormais 60% du PIB selon les chiffres officiels. L’agriculture et l’agro-industrie doivent prendre le relais des hydrocarbures, avec une Grande Foire agricole désormais annuelle à Bambou-Mingali et des Zones agricoles protégées. Dans l’industrie, les nouveaux codes minier et forestier visent un partage de production plus équitable et une transformation locale accrue. Les premières exportations de contreplaqués de la zone économique spéciale de Pointe-Noire et l’inauguration prochaine de la zone de Maloukou illustrent cette volonté. L’emploi des jeunes passe par la formalisation du secteur informel, le soutien aux PME via F**A et ACPCE et des clauses de contenu local dans les marchés publics.

Les infrastructures de base restent la préoccupation majeure des Congolais. Le Premier ministre l’a entendu. Il annonce la relance du barrage de Sounda, l’extension de la Centrale électrique du Congo avec une quatrième turbine de 270 MW, l’électrification des districts de Boko, Louingui, Mossaka et Allembe, ainsi que la réhabilitation de la ligne haute tension Pointe-Noire-Brazzaville. Sur les routes, les travaux vont s’accélérer avec le corridor 13 vers la RCA, le chemin de fer Brazzaville-Pointe-Noire et le futur pont-route-rail entre Brazzaville et Kinshasa. L’eau, l’assainissement, le logement social et la modernisation des villes complètent ce volet.

Recherche, innovation, protection sociale, environnement, sécurité, décentralisation, diplomatie économique : le programme balaye tous les champs. Deux documents doivent en assurer le suivi : un Plan national de développement 2027-2031 chiffré et opérationnel, et une Vision Congo 2063 qui trace la trajectoire long terme alignée sur l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Le Premier ministre salue l’initiative parlementaire d’un débat d’orientation sur le PND, gage d’appropriation démocratique.

Reste la question que se posent tous les Congolais : ces engagements tiendront-ils face à la réalité des finances publiques ? La note de conjoncture du premier trimestre 2026, publiée quelques semaines plus tôt, dresse un tableau plus contrasté. Les recettes totales hors dons ont baissé de 9,2% sur un an, plombées par un recul de 19,1% des recettes pétrolières et de 3,4% des recettes non pétrolières. Dans le même temps, les dépenses ont augmenté de 15,2%, tirées par un bond de 499% des investissements. Résultat : l’excédent budgétaire s’est effondré, passant de 46 milliards à 1,7 milliard de FCFA en un an. La marge de manœuvre est donc quasi nulle.

Dans ce contexte, la promesse d’accélérer les dépenses sociales et d’investissement tout en atteignant 5 000 milliards de recettes annuelles apparaît comme un pari élevé. Le Gouvernement mise sur trois leviers : un accord rapide avec le FMI pour débloquer financements et dons, une réforme fiscale qui élargisse réellement l’assiette au-delà du pétrole, et des choix budgétaires courageux sur la rationalisation de la fonction publique et la réforme du secteur de l’énergie. Sans ces trois conditions, l’équation sera impossible.

Pour le citoyen, au-delà des annonces, trois signaux permettront de juger de la sincérité de ce programme dans les douze prochains mois : la signature effective du nouveau programme avec le FMI, la mise en service concrète de la quatrième turbine de la CEC et l’électrification des districts annoncés, et la publication trimestrielle du taux de recouvrement des recettes hors hydrocarbures. Si ces indicateurs bougent, la confiance suivra. Sinon, le discours restera une intention.

Le Premier ministre conclut sur une formule forte : "Le peuple a fait sa part, c’est à nous de faire la nôtre". La boussole est posée, la méthode est annoncée, la volonté politique est affichée. L’histoire retiendra moins la vivacité des débats que la portée concrète des réalisations. Entre la place de la Gare et la place de la République, le boulevard Denis Sassou N’Guesso relie symboliquement l’Exécutif et le Parlement. Il appartient désormais au Gouvernement de transformer ce boulevard en autoroute du développement.

VR Au Carré

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