ONG Tamounte

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12/06/2026

J'ai découvert que l'on m'avait raconté une histoire fausse sur les tatouages amazighs.

Pendant longtemps, j'ai cru, comme beaucoup de monde, que les femmes amazighes se tatouaient le visage pour s'enlaidir et ainsi échapper aux envahisseurs.
Cette explication paraît logique.

Sauf qu'elle est fausse.

En creusant, j'ai découvert que cette histoire était en réalité une réécriture d'une pratique plus ancienne et plus riche.
Car les tatouages amazighs n'ont jamais été conçus pour rendre les femmes moins belles.

C'était même exactement l'inverse.

Pour les Amazighs, ces tatouages étaient des parures de beauté.

Avant l'islam en Afrique du Nord, les femmes se transmettaient cet art de génération en génération.
Les motifs géométriques que l'on retrouve sur les mentons, les joues ou le front n'étaient pas choisis au hasard.
Chaque symbole racontait quelque chose.

En réalité, le corps devenait un langage.
Une écriture.
Une mémoire vivante.

J'ai également découvert que ces tatouages avaient parfois une fonction thérapeutique.
Certaines marques étaient réalisées sur des zones douloureuses, dans l'espoir de soulager certains maux.
D'autres servaient de talismans protecteurs.

Nous sommes donc très loin de l'idée d'une "défiguration" destinée à fuir des envahisseurs.

Alors d'où vient cette croyance ?

Probablement d'un mélange d'histoires, de peurs et de confusions.
Dans certaines périodes troublées de l'histoire, lors de conflits, de razzias ou durant la colonisation, des familles ont cherché à protéger leurs filles.
Mais cela n'a jamais été la fonction originelle du tatouage amazigh.
Au contraire.
Ces tatouages étaient réalisés pour valoriser la femme, marquer son identité et l'inscrire dans sa communauté.

Une autre chose m'a frappée.
Cette pratique, présente depuis des millénaires, a quasiment disparu en quelques décennies.
Pourquoi ?
Parce que les sociétés évoluent.
Parce que la modernisation a transformé les modes de vie.

Et aussi parce qu'une interprétation de plus en plus stricte de la religion a progressivement considéré le tatouage permanent comme interdit.

Fait intéressant : le Coran n'interdit pas explicitement le tatouage.

L'interdiction provient principalement de certains hadiths et de leur interprétation.
Petit à petit, ce qui était un symbole de beauté, de protection et d'identité est devenu une pratique rejetée.
Aujourd'hui, les dernières femmes portant ces tatouages sont souvent âgées.
Elles emportent avec elles une partie de la mémoire amazighe.

Et je trouve cela fascinant.

Comme souvent, la réalité est bien plus intéressante que le mythe.

PS : je suis Valérie Passeport | Géographe | Experte développement durable – Sahel
Je connecte financements et impact terrain : de l'eau, des récoltes, de l'autonomie.
Un humanitaire mesurable, structuré et défiscalisable.

04/06/2026

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