Simon Rivest Physiothérapeute
10/30/2024
L’entraînement en escalade: Sur le mur 🧗♀️et hors du mur🏋️
Pas besoin de rester longtemps au Délire pour constater que l’entraînement est à la mode. Qu’il consiste en session sur le Tension ou le Kilter, en suspensions lestées ou pas ou en soulèvement de charge avec des prises de 20 mm, l’entraînement pour grimper plus fort à le vent dans les voiles depuis quelques temps déjà.
Comme dans beaucoup de domaine, la recherche suit souvent la mode à une distance respectable mais finit par la rattraper. Dans un première étude parue en juillet 2024, le groupe de recherche de Nicolay Stien a étudié les différences entre un groupe de grimpeuse s’entraînant sur Kilter Board pour 5 semaines et un autre s’entraînant en suspensions durant la même période. Les deux groupes devaient maintenir leur volume de grimpe habituel durant les 5 semaines.
Les résultats ne sont pas dramatiques pour un groupe ou l’autre, mais globalement, le groupe travaillant sur le mur tendait à avoir une meilleure technique lorsque réévalué à la fin de l’intervention alors que le groupe qui s’était entraîné en dehors du mur affichait de meilleurs gains en force.
Dans une deuxième étude parue en septembre, le même groupe a analysé l’impact d’un programme d’entraînement de 5 semaines en force de doigt sur la performance en escalade et la force des doigts en question. Sans trop de surprises, si on l’entraîne, la force des doigts progresse. Ce qui en choquera peut-être certains est le fait que même si la force des doigts était augmentée dans le groupe d’entraînement, le gain ne s’est pas manifesté dans la performance en escalade quand réévaluée par la suite.
La morale de l’histoire est que ce que l’on entraîne progresse, mais que bien cibler ses faiblesses est peut-être l’étape la plus importante avant de commencer à s’entraîner.
Bonne journée et bonne grimpe!
06/27/2023
La légende en longs shorts Courtney Dauwalter a offert à la 50e WSER une performance hors de ce monde, pulvérisant le record de parcours féminin ET se classant 6e au scratch. Dans la foulée (de Courtney), il n’est rare que des athlètes féminines performent bien au classement général au fur et à mesure que les distances de course se rallongent.
Science à l’appui, une étude a pairé des coureurs et coureuses de trail pour comparer leurs résultats et comprendre l’évolution des vitesses de course en fonction de la distance (Le Mat, 2023.) Leur conclusion : Plus le parcours est long, plus l’écart de pace s’amenuise entre les femmes et les hommes.
Selon les auteurs, ce phénomène pourrait être expliqué par une différence de typologie musculaire et de meilleures stratégies de pacing.
Selon nous, plus la distance de course est longue, plus d’autres facteurs que le VO2 max ou l’économie de course (où les coureurs masculins sont avantagés) entrent en compte et viennent brouiller l’équation. Le mental, l’alimentation, la gestion de course deviennent plus importants que les PR sur 5km.
Toutefois, gardez en tête que la participation féminine sur ces distances un peu absurdes demeure plus l’exception que la règle en qu’en conséquence, avoir un portait fiable de la situation est difficile.
La solution : continuer d’encourager le sport chez les filles parce que, légitimement, elles ont tout ce qu’il faut pour se rendre loin. Et même très loin.
Écrit par Simon et Laurence
Crédit photo: trail runner magazine
02/10/2023
Le taping et les poulies 🧗♂️
Points clés :
- Le taping ne prévient pas l’occurence des entorses aux poulies
- Le taping ne change probablement pas tes chances d’aggraver ou pas ta blessure en grimpant
- La modification de la force avec le taping se fait probablement davantage au niveau du confort qu’à celui de la biomécanique
On savait déjà que, contrairement à la pratique courante de garder le taping ‘‘ad vitam eternam’’ post-entorse, le tape en H ne prévient les blessures supplémentaires aux poulies qui pourraient arriver par la suite.
Cela dit, une étude de Salas C. et al. (2022) faite sur cadavres (coeurs sensibles s’abstenir!) a révélée qu’en cas de rupture partielle de la poulie A2, le fait d’avoir un taping en H ne modifie pas la force à laquelle la poulie finie de se déchirer en position de crimp.
La même étude a aussi confirmée le fait que la taping ne modifie pas la tension de rupture pour un doigt sans déchirure tapé vs non-tapé.
Bien que l’on observe souvent en clinique (et au gym!) que le tape peut aider à restaurer une partie de la force dans la phase aigue, le phénomène est donc probablement davantage lié à la perception de la douleur/du danger qui est modulé par le tape.
L’étude initiale de Schöff et al. (2007) ayant menée à l’adoption du tape en ‘H’ montrait que ce dernier aidait à diminuer la distance tendon-os à la contraction, ce qui pourrait contribuer à l’augmentation de force si cette dernière est limitée par la douleur liée à l’étirement du ligament ou à la compression de ce dernier par une prise.
Bref, oui le tape aide à continuer à grimper si votre poulie est sensible, mais gardez en tête que vous êtes probablement moins protégé par celui-ci que vous pourriez le pensez.
Les solutions? Bien doser la grimpe, choisir ses prises pour une durée de quelques semaines et faire du renforcement pour améliorer la tolérance à la mise en charge.
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