SNTPT POSTE
22/04/2026
MANIFESTE DU 1er MAI 2026
En ce 1er Mai 2026, journée internationale de lutte, de solidarité et de revendication des travailleurs, le SNTPT s’adresse solennellement à l’ensemble des postières et postiers, ainsi qu’à l’opinion nationale. Cette date hautement symbolique demeure un moment de mémoire et de mobilisation, rappelant les combats historiques menés par les travailleurs pour la dignité, la justice sociale, le respect des droits fondamentaux et la reconnaissance du rôle essentiel du monde du travail dans le développement national.
Cette année encore, notre commémoration intervient dans un contexte toujours particulièrement préoccupant, marqué par la dégradation persistante de la situation de La Poste et la détérioration des conditions de travail de ses agents. L’inquiétude est réelle, profonde et largement partagée au sein du personnel.
Il y a un an, la célébration du 1er Mai avait été organisée sous forme de panels de réflexion consacrés aux opportunités offertes par le New Deal Technologique. Ces échanges, d’une grande qualité intellectuelle et professionnelle, avaient fait naître un réel espoir de transformation et de relance. Les recommandations issues de ces travaux avaient été unanimement saluées par les acteurs institutionnels et les professionnels du secteur. Pourtant, force est de constater qu’à ce jour, la Direction générale n’a engagé aucune démarche sérieuse permettant leur concrétisation. Ce moment de réflexion collective, porteur de perspectives, est malheureusement resté sans traduction concrète ni impact opérationnel.
Dans la même dynamique, le Conseil interministériel du 1er septembre 2025 avait formulé quinze (15) mesures fortes et structurantes visant à engager un redressement durable de La Poste. Là encore, les attentes sont demeurées largement insatisfaites. En dehors d’une mise en œuvre partielle, approximative et fortement contestée de la mesure relative à la rationalisation des effectifs, aucune avancée notable n’a été enregistrée sur les autres mesures stratégiques. Pendant ce temps, d’autres entités publiques confrontées à des défis similaires, ayant bénéficié de ce même cadre, ont su amorcer des dynamiques de redressement tangibles.
Cette inertie prolongée, ce déficit d’initiative et cette incapacité à transformer les orientations en actions concrètes suscitent de vives interrogations et une inquiétude croissante. Elle fragilise davantage une entreprise déjà éprouvée et éloigne, jour après jour, les perspectives de redressement pourtant urgentes et indispensables.
Après deux années de gestion, le bilan que tente de mettre en avant la Direction générale demeure profondément préoccupant et révélateur d’une gouvernance en décalage avec les enjeux réels de redressement de La Poste. En effet, pour être précis, plus de 3,071 milliards de francs CFA ont été engagés au titre des indemnités de départs négociés, alors même que les recettes générées n’atteignent même pas le milliard, si l’on s’en tient aux déclarations officielles du Ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique. Ce déséquilibre majeur traduit une gestion sans cohérence économique, dépourvue de vision stratégique claire et incapable d’impulser une véritable dynamique de relance durable de l’entreprise.
Dans le même temps, la Direction générale continue d’aggraver la précarité des travailleurs par l’accumulation d’une dette sociale qui dépasse aujourd’hui le milliard de francs CFA. Cette situation, lourde de conséquences, impacte directement la retraite et fragilise davantage les perspectives des agents. La torpeur de la Direction générale entraîne également des effets collatéraux préoccupants : impossibilité pour les travailleurs d’accéder aux crédits bancaires, blocage des financements auprès de la MECAP et aggravation de la vulnérabilité économique et sociale des familles.
À ces difficultés s’ajoutent des manquements particulièrement graves et inadmissibles dans la gestion quotidienne. Il en est ainsi du refus persistant d’appliquer le nouveau taux de la prime de transport en vigueur depuis le 1er juillet 2023, ainsi que de l’imposition injustifiée d’une partie de cette prime et de l’indemnité de salissure. Ces pratiques, en rupture avec les textes en vigueur, traduisent une méconnaissance des droits élémentaires des travailleurs, voire un mépris des engagements sociaux de l’entreprise.
Par ailleurs, le leitmotiv affiché par la nouvelle gouvernance, « Jub, Jubal, Jubanti », apparaît en totale contradiction avec les pratiques observées à La Poste. Il est difficilement compréhensible que plus de cinquante millions de francs CFA aient été mobilisés par le Directeur général pour la réfection de son logement de fonction, sans aucune couverture budgétaire, pendant que des centres et bureaux stratégiques tels que Kaolack RP et Ziguinchor RP sont fermés faute de ressources financières pour leur réhabilitation. Dans le même temps, le bureau de Dakar Fann, pourtant vitrine emblématique de l’entreprise, se trouve dans un état de délabrement avancé, indigne aussi bien des travailleurs que des usagers.
Plus préoccupant encore, depuis sa prise de fonction, le Directeur général n’a effectué aucune visite structurée du réseau postal. Pourtant il multiplie les missions à l’étranger, assimilables à des voyages de plaisance car souvent perçues comme éloignées des priorités de redressement de l’entreprise, totalisant près de 30 jours de déplacement au premier trimestre 2026.
Face à cette situation, le SNTPT réaffirme avec responsabilité et détermination qu’il refuse toute forme de résignation.
NOS EXIGENCES SONT CLAIRES, LÉGITIMES ET NON NÉGOCIABLES
1- Application intégrale et sans délai des quinze mesures issues du Conseil interministériel. Le Gouvernement et la Direction générale ont l’obligation de traduire ces décisions structurantes en actes concrets. Il en va de la survie, de la relance et de la crédibilité même de La Poste. Aucun report, aucune interprétation dilatoire ne saurait être toléré.
2- Apurement total et immédiat de la dette sociale. Les travailleurs ne peuvent continuer à subir les conséquences d’une gestion déficiente. Le respect des droits sociaux acquis, notamment les engagements financiers dus, constitue une exigence fondamentale et non une variable d’ajustement.
3- Respect strict des accords signés et du droit du travail. Aucune réforme, aucune mesure de gestion ne pourrait s’affranchir du cadre légal et réglementaire en vigueur. Le dialogue social doit être effectif, sincère et inclusif, avec la reconnaissance pleine et entière du rôle du syndicat majoritaire. Le SNTPT ne tolérera et combattra fermement toute tentative de contournement.
4- Application immédiate des mesures sociales en souffrance, notamment l’indemnité de transport et l’ensemble des droits connexes.
TRAVAILLEUSES, TRAVAILLEURS,
Le 1er Mai n’est pas une simple date commémorative. Il demeure un moment de conscience collective, de mobilisation et de détermination pour la défense des acquis sociaux et la dignité au travail. Le SNTPT appelle l’ensemble des postières et des postiers à rester unis, vigilants et engagés face aux enjeux actuels.
Le message est sans équivoque : la Direction générale doit prendre la pleine mesure de la gravité de la situation. Le temps de l’inaction, des décisions unilatérales et de l’improvisation est révolu.
Le SNTPT restera debout, déterminé et pleinement mobilisé jusqu’à la satisfaction totale et effective des revendications légitimes des travailleurs.
Vive le SNTPT !
Vive l’UNSAS Restaurée !
Vive UNI Global Union !
Vive La Poste !
11/04/2026
Cérémonie d'ouverture du 10ème congrès ordinaire de l'Union des Enseignantes et Enseignants du Sénégal (UDEN), le 10 avril 2026 à l'arène nationale.
Discours du camarade Ibrahima SARR, Secrétaire Général du SNTPT, représentant de l'UNSAS et président du congrés :
Monsieur le Ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du service public,
Monsieur le Ministre de l’Éducation nationale,
Camarades les Secrétaires généraux de syndicats,
Camarades délégués de l’UDEN,
Chers compagnons de lutte de la Coalition pour la Restauration et le Renouveau de l’UNSAS,
Mesdames et Messieurs, Honorables invités,
Permettez-moi, tout d’abord, de vous adresser mes salutations les plus chaleureuses.
Je salue l’ensemble des délégués venus des différentes régions du Sénégal, ainsi que tous les partenaires et acteurs du système éducatif présents dans cette salle. Votre forte mobilisation témoigne de l’importance de ce moment et de la vitalité du mouvement syndical dans notre pays.
C’est avec une émotion sincère et un sens élevé de la responsabilité que je prends la parole devant vous aujourd’hui.
Recevoir l’honneur de présider le 10ème Congrès ordinaire de l’Union Démocratique des Enseignants du Sénégal (UDEN) est, pour moi, bien plus qu’un privilège. C’est le symbole d’une fraternité d’action forte et durable entre nos organisations syndicales.
Au nom du SNTPT et de l’ensemble des syndicats de notre coalition, je vous remercie pour cette marque de confiance.
Le rôle qui nous échoit aujourd’hui s’inscrit dans une tradition empreinte d’élégance, historiquement portée par l’UNSAS, notre centrale syndicale, et qui nous revient cette fois-ci au nom des principes que nous partageons.
Je voudrais, à ce stade, féliciter chaleureusement l’UDEN.
Ce congrès constitue un moment fort de respiration démocratique dans le paysage syndical sénégalais.
A une époque où les mandats des militants sont parfois confisqués, vous démontrez que la vitalité d’une organisation repose sur sa capacité à se renouveler, à débattre et à consulter sa base.
Mon espoir est grand de voir la future direction issue de vos travaux poursuivre dans cette voie : celle d’un engagement constant pour le mieux-être des travailleurs. Car, camarades, la lutte ne souffre d’aucun répit.
Permettez-moi maintenant de rendre un hommage mérité à un homme de valeur :
le Secrétaire général sortant de l’UDEN, notre camarade Abdourahmane GUEYE.
Il achève aujourd’hui son deuxième et dernier mandat avec dignité, sérénité et honneur.
Il nous laisse un bilan solide, respecté et inspirant.
Camarade, nous saluons ton courage, ton intégrité et ton engagement sans faille pour la vérité.
Ce sont ces valeurs qui nous avaient conduits, au sein de la Coalition pour la Restauration et le Renouveau, à faire bloc autour de toi dans le combat pour la reprise en main de l’UNSAS.
Mesdames et messieurs,
Camarades congressistes,
Je voudrais ici réaffirmer, avec clarté, la position de notre coalition : nous voulons une autre UNSAS ; au propre comme au figuré.
Une UNSAS fidèle à ses fondamentaux.
Car l’UNSAS est une centrale syndicale bâtie sur deux piliers essentiels :
l’autonomie et la démocratie.
L’autonomie, pour défendre sans compromis les droits et intérêts des travailleurs.
La démocratie, pour garantir des choix transparents, participatifs et fidèles aux aspirations de nos bases.
Ces principes ne sont pas négociables.
Ils fondent notre légitimité, notre crédibilité et notre efficacité. Et pour reprendre une belle image : entretenir l’héritage des anciens, ce n’est pas en conserver les cendres, mais en raviver la flamme.
Camarades de l’UDEN,
En organisant ce congrès, vous démontrez qu’il est possible d’être à la fois une force de combat et un modèle de transparence.
Le thème que vous avez choisi : « Quelle contribution de l’UDEN pour l’émergence d’une société éducative ? » est à la fois pertinent, ambitieux et stratégique.
Car une société éducative ne se limite pas à l’école. Elle exige l’engagement de tous :
l’État, les collectivités, les familles, les entreprises…et bien sûr, les enseignants et leurs organisations syndicales.
L’éducation est au cœur de tout : du développement économique, de la cohésion sociale, de la citoyenneté et de la souveraineté nationale.
Dans ce cadre, l’UDEN a un rôle majeur à jouer :
- défendre une éducation de qualité, inclusive et équitable ;
- valoriser le métier d’enseignant ;
- promouvoir l’innovation pédagogique ;
- participer activement au dialogue social ;
- et, contribuer à l’ancrage des valeurs citoyennes.
Vous le voyez, ce débat dépasse largement le cadre syndical. Il engage l’avenir même de notre pays. Il n’y aura pas de progrès sans justice sociale. Il n’y aura pas de refondation sans syndicats forts.
Construire une société éducative, c’est construire une société plus juste, plus solidaire et plus performante.
Je suis convaincu que vos travaux déboucheront sur des recommandations fortes, capables de transformer durablement notre système éducatif.
Je vous remercie de votre aimable attention
30/03/2026
En décembre 2023, à l'occasion du vote du budget 2024, M. Demba Diop SY, alors député de la 14e législature, proposait la vente du patrimoine de La Poste pour, disait-il, régler les problèmes auxquels elle est confrontée.
Dans sa parution de ce lundi 30 mars 2026, le journal L'Observateur nous apprend que M. SY, Maire de Tivaouane et homme d'affaires, est visé par une délégation judiciaire du juge du deuxième cabinet d'instruction du tribunal de Dakar dans le cadre des détournements à POSTEFINANCES.
Aujourd'hui, les rebondissements de ce dossier réconfortent le SNTPT dans ses prises de position.
Pour rappel, le 4 décembre 2023, le SNTPT, en réaction à la sortie sordide de ce prédateur, avait fait cette déclaration intitulée "halte aux prédateurs du patrimoine de La Poste" que nous vous partageons.
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