Alterego Ethique et Management
13/02/2025
Être un boss ou un leader ?
Cette belle métaphore ne doit pas exclure l'idée qu'une même personne soit en mesure d'assumer les deux postures à certains moments ! Bonne réflexion !
27/12/2024
L’intuition : un non sujet ou tout un art?
Voir à travers...
« Attention! Magie noire! »
Un jour, je commence un entretien avec une personne totalement inconnue, au bout de quelques minutes, une pensée/sensation me traverse l’esprit « Attention, il y a de la magie noire ! ». J’accueille cette pensée avec étonnement. Au bout de 45 minutes d’entretien, la personne me dit être victime de magie noire… Ayant été comme alerté 45 mn plus tôt, j’ai pu discerner sereinement sur les compétences à mobiliser pour la suite de l’entretien.
C’est alors que le sujet de l’intuition est devenu pour moi un axe de recherche.
Voilà un sujet à la fois commun, qui pense ne pas en avoir ? et en même temps très discuté.
Nous utilisons souvent des synonymes comme instinct, petite voix intérieure, connaissance spontanée et directe de quelque chose, ou encore pressentiment.
Pour la psychologie, l’intuition est encore un non sujet, puisque non étudiable de manière rationnelle…
Pour les neurosciences, c’est un possible agencement subtil de nos connexions neuronales en lien avec nos sens, nos expériences, nos pensées passées ou en cours qui produit des effets inattendus en termes de préscience.
Pour certains enseignements spirituels, c’est une communication avec le non visible, le non réel, l’énergie, la vibration quantique…
Et cependant, dans mes activités de coach et de superviseur, elle revient régulièrement dans les processus d’accompagnement.
Je vais tenter quelques axes de réflexion.
L’instinct serait de l’ordre d’une pulsion ou d’une impulsion intérieure hors du champs de la volonté.
Il s’oppose au choix. « J’entends une détonation à proximité de moi, je me tasse brusquement ; et à la deuxième je me cache ».
Nous partageons l’instinct avec le règne animal et certainement végétal.
Pour les scientifiques, il s’agirait peut-être d’une codification génétique : nous respirons sans y penser, le muscle cardiaque bat tout seul… Devant l’inconnu, nous marquons un temps d’arrêt.
Là où l’instinct rejoindrait l’intuition, c’est dans une manifestation fulgurante de la conscience qui ne procède pas en apparence du fruit d’une réflexion logique : Voltaire : « Il faut avouer que, dans les arts de génie, tout est l’ouvrage de l’instinct ».
Un regard au delà de l’obscur…
Le mot intuition dans son origine étymologique signifie la connaissance directe et immédiate de quelque chose qui ne nécessite pas le recours au raisonnement.
Comme voir dans le global et le détail d’un seul coup d’œil.
Avec une dimension d’abord spirituelle : Descartes écrira « La connaissance intuitive, est une illustration de l’esprit par laquelle il voit, en la lumière de Dieu, les choses qu’il lui plaît de lui découvrir par une impression directe de la clarté divine sur notre entendement ».
Un événement qui a été intuité surprend la personne qui en est le creuset. Elle seule lui accorde de l’intérêt. Elle suscite chez les autres plutôt scepticisme, méfiance voire opposition. Y compris dans la découverte de grandes lois scientifiques.
Dès lors qu’elle procède de notre expérience, de notre mémoire, de notre histoire – et qu’elle se fonde sur des explications scientifiques comme le rôle du réseau astrocytaire, elle intéresse les employeurs.
Comme elle permet de décider, de créer ou de concevoir rapidement et de souvent manière différente et original, l’intuition constitue dès lors un atout économique et stratégique.
Nous pourrions même la cultiver en prenant garde aux biais cognitifs, à nos croyances sur le monde et les autres, à nos stratégies de défense du moi…
Et vous, pensez-vous avoir de l’intuition, et si oui qu’en faites-vous ?
A écouter en podcast sur Radio RCF
https://www.rcf.fr/economie-et-societe/mieux-vivre-son-travail?episode=541379
18/11/2024
Transmettre ses compétences et savoir les recevoir
En ce temps de rentrée scolaire, j’ai envie de partager une réflexion sur la question de la transmission des compétences en tant qu’enseignant et pédagogues en général.
Un sujet qui interroge souvent les enseignants qui me consultent.
Ce topo s’adresse aussi aux parents fortement concernés par l’éducation de leurs enfants et la transmission de comportements et des savoirs souhaités.
Je vous invite à écouter ou lire le précédent sur la délégation qui aborde les cycles de l’autonomie de la personne développée par Katherine SYMOR.
En résumé
Nous passons de la dépendance : « Je ne peux pas ou sais pas faire sans l’autre » à la contre-dépendance : « Je m’oppose et je vais chercher (ou pas) ma propre manière de faire ». C’est la crise d’adolescence!
Puis vers celle de l’indépendance : « Je sais faire seul et je vais vous le prouver » qui ouvre à celle de l’interdépendance : "Je partage, je coopère et ce faisant j’accrois mes propres capacités ».
La cinquième, celle de l’alter-dépendance : « Je ne sais plus, je ne peux plus ». Celle de la reconversion forcée pour invalidité ou incapacité professionnelle. Des temps de réapprentissages et donc de réenclenchement du cycle de l’autonomie…
Les étapes pas à pas
Dans la première étape, le pédagogue enseigne le quoi et le comment le faire. Il transmet à l‘apprenant sa manière de faire. Les consignes, les vérifications et les corrections doivent être précises et exigeantes.
Dans la 2ème étape, l’élève explore d’autres manières de faire. Pour l’enseignant, il se trompe, voire « désobéit ».
Cependant, il doit accepter l’erreur ou une façon de faire différente. Il s’agit de porter l’attention sur le résultat plutôt que sur e geste, se défocaliser du « Comment faire » pour amener l’apprenant à réfléchir à : « Qu’est-ce que tu apprends de cette erreur ? Comment faire autrement la prochaine fois ? ». Et il arrive aussi que l’apprenant réussisse.
L’enseignant (ou le parent) se heurte alors à son égo, à sa toute-puissance sur les savoirs en bousculant de vieilles positions égotiques.
Le pédagogue va alors avoir fortement besoin de reconnaissance de son élève. Il doit faire le deuil de la relation maître/élève et de la singularité de sa compétence.
A la 3ème étape, l’autonomisation se poursuit. L’élève (ou l’enfant) ressent la nécessité de mettre en œuvre cette compétence sans la présence et sans la surveillance de son enseignant (ou de son parent). Il nourrit ainsi ses besoins de réalisation, d’indépendance et d’estime de soi.
L’enseignant et l’élève doivent élaborer un contrat clair sur les temps de compte rendu et de feedback.
Dans la 4ème étape, l’élève devient un partenaire, un alter ego dans la mise en œuvre du savoir ou du savoir-faire. C’est le temps de l’apprentissage mutuel et d’une croissance mutuelle des compétences.
L’enseignant a alors besoin que son élève le reconnaisse dans son apport pour de son côté faire le deuil de cette nouvelle étape.
Cette reconnaissance est fondamentale car sans elle, l’enseignant, le tuteur, le parent ne peut pas transformer le sentiment de frustration en sentiment de joie à la vue de cet apprenant qui a grandi sur le chemin de l’autonomisation.
On comprend que le processus d’apprentissage bouleverse naturellement un certain ordonnancement des habitudes, des croyances tant chez l’élève (ou l’enfant) que chez l’enseignant (ou le parent).
J’aime souvent à prendre l’image de Saint Joseph qui accompagna son fils Jésus à devenir pleinement qui il est, plus grand que lui...
Et vous, quel pédagogue êtes-vous ?
Et aussi quel apprenant êtes-vous ?
Savez vous reconnaitre les mérites de vos enseignants (ou parents) dans le chemin de l’autonomie ?
A ÉCOUTER EN PODCAST SUR RCF HAUTE-LOIRE
https://www.rcf.fr/economie-et-societe/mieux-vivre-son-travail?episode=523310
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