Wouima

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29/06/2025

Cinq caractéristiques pour faire une forêt
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Selon la définition officielle de l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), une forêt est caractérisée par cinq spécificités :

- une superficie minimum de 0,5 hectare (5 000 m2),
- la présence d’arbres pouvant atteindre une hauteur supérieure à 5 mètres à maturité in situ,
- un boisement de plus de 10 % du territoire considéré (vu du dessus),
- une largeur moyenne d’au moins 20 mètres,
une utilisation qui n'est ni agricole, ni urbaine.
Pour des superficies plus restreintes comprises entre 500 et 5 000 m2 avec un couvert arboré de plus de 40 %, on ne parle pas de forêt mais de bosquet.

29/06/2025

Les arbres sont naturellement connectés entre eux par le tentaculaire réseau des champignons dont les filaments (appelés hyphes qui pèsent en moyenne 1,7 tonne par hectare de forêt) captent les nutriments du sol pour les échanger avec les sucres fabriqués par les végétaux à partir de la photosynthèse. Cette symbiose se double de greffages entre racines des arbres. Ces greffes s’opèrent au sein des racines d’un même individu pour assurer sa stabilité, au sein d’arbres de la même espèce et entre espèces différentes. Ils s’échangent ainsi de l’eau, des sucres et de la matière organique. 150 espèces d’arbres angiospermes (à fleurs) et gymnospermes (les résineux) ont démontré cette capacité.

Des échanges qui permettent à un arbre d'être maintenu en vie par les autres
Mais ce greffage naturel a été beaucoup moins étudié que la symbiose mycorhizienne entre arbres et champignons.
Cette "solidarité" bien comprise entre une souche et ses voisins incite à vérifier ce qui se passe entre les arbres. L’hypothèse, c’est que ces échanges se font à l’échelle des forêts. Les individus bénéficiant par exemple d’un emplacement humide partageraient ainsi leur excédent d’eau avec ceux poussant sur des terrains plus secs.
Des alertes envoyées entre arbres lors d'attaques d'insectes
Dans le livre À La Recherche de l’arbre-mère paru aux Editions Dunod en 2022, la biologiste canadienne Suzanne Simard dévoile les riches interactions qui se déroulent au sein des forêts. Face à la pratique de la coupe rase et des monocultures, elle se pose la question des bénéfices apportés par la coopération entre feuillus et conifères. La révélation du rôle crucial exercé par la symbiose entre champignons et système racinaire - la mycorhize - la conduit à une série de découvertes extraordinaires. Les bouleaux et les sapins de Douglas échangent grâce à ce réseau les éléments nutritifs selon des besoins saisonniers. Il en est de même pour les aulnes et les pins tordus, tandis que le douglas et pin ponderosa s’envoient des alertes lors d’attaques d’insectes, sous forme d’émission de molécules apparentées à nos neurotransmetteurs. Les arbres reconnaissent leur parentèle, et les plus anciens et majestueux protègent la croissance des jeunes : ce sont les "arbres-mères", plaques tournantes d’un univers d’interrelations.

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