ASBL ALIS
06/11/2025
Retrouvez le témoignage de notre accueillante Magali ART réalisé par l'ONE dans le cadre de la promotion des métiers de la petite enfance.
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04/02/2025
🎨 Portrait d'accueillante 🎨
Chez Dorothée Giangreco, parmi les sourires
C'est un fameux début de carrière. Fin 2004, Dorothée Giangreco a rejoint l'asbl Alis depuis seulement un mois quand elle apprend qu'elle ne travaille plus vraiment seule. Elle attend des jumelles. Pas le temps de prendre ses marques, ni de tergiverser. L'accueillante poursuit son activité jusqu'à sept mois de grossesse, se met à l'arrêt pour dorloter Sonia et Clara, puis ouvre à nouveau son domicile de La Bouverie aux nouveaux compagnons de ses deux enfants. "Ah oui j'ai été directement baignée dedans, heureusement que j'étais jeune parce que ce n'était pas évident", rigole-t-elle aujourd'hui, plus de 20 ans après ce départ mouvementé. "Mes filles avaient forcément leurs propres besoins et il fallait aussi câliner les autres bébés. Il faut avoir un bon planning et bien s'y tenir, mais j'ai trouvé mes marques."
Ces péripéties n'auraient de toute façon pas pu la détourner de sa vocation, ni lui enlever son fidèle sourire. En sondant ses souvenirs, l'accueillante ravive de sa jeunesse une affection spontanée pour les enfants et les moments de complicité avec sa petite soeur. "A 5 ans, je me souviens que je jouais déjà beaucoup avec les bébés", retrace-t-elle. "Quand on gardait les enfants de la famille, les petits cousins et les petites cousines, j'adorais ça." Dorothée se dirige donc naturellement vers une carrière d'institutrice maternelle mais doit se contenter de remplacements et de dépannages dans la région, à Quaregnon ou à Frameries. "J'ai alors vu une offre d'emploi de l'asbl Alis, je me suis lancée. Et ça m'a tout de suite plu. Au moins je reste avec les enfants, les petits bébés."
La suite de sa carrière a progressivement conforté son choix, même après les débuts intenses. Aujourd'hui, c'est au tour de Mira, Lina, Baptiste et Martin de s'approprier le salon lumineux de l'accueillante. Les enfants flânent sur le tapis de jeu aux nuances de bleu, de rose et de rouge, à peine déconcentrés par le passage d'une poignée de ballons bleus et jaunes, dernières traces de la récente fête d'anniversaire de Martin. Un festival de couleurs et de bonne humeur. "Un peu avant le repas, on fait aussi de petites boums, on danse et on chante sur des musiques rythmées", explique Dorothée pour illustrer les bonheurs collectifs. "Ils adorent ce moment, comme Nounou."
Le plaisir a d'ailleurs l'habitude de prendre ses quartiers dans la maison de La Bouverie, où les enfants s'amusent à multiplier les allers-retours entre la cuisine et le salon. "Ils aiment passer d'une pièce à l'autre, changer d'endroit pour prendre le repas ou jouer, à chaque fois on range les jouets", confirme Dorothée tout en surveillant Baptiste qui déménage justement une petite table jusqu'à la porte d'entrée. L'accueillante chérit ces épisodes du quotidien qui lui permettent d'observer les progrès de ses "petits bouts", les regarder apprendre à marcher, à manger, à développer leur langage. "Les voir grandir et devenir autonomes", résume-t-elle dans un sourire. "Et parfois je m'imagine ce qu'ils deviendront plus t**d."
L'évolution des enfants comme forme de gratification, et le changement de statut professionnel en guise de reconnaissance. Depuis six ans, l'accueillante bénéficie du statut de salariée et peut aborder le quotidien avec davantage de sérénité. "J'étais payée par enfant présent quand j'ai commencé, certains mois je n'avais donc pas grand-chose. Les premières années, je crois que c'est vraiment par amour du métier que je l'ai fait", réalise-t-elle-avec le recul. "On travaille beaucoup d'heures et il faut aimer rester chez soi, mais je trouve qu'on est quand même bien payées. Ça offre de la stabilité."
De la reconnaissance, Dorothée en tire aussi de ses relations avec les enfants. Les marques de tendresse et d'affection représentent autant de récompenses à ses yeux. "Dernièrement, le petit Onelio que j'avais accueilli est rentré à l'école et il m'a dit 'T'aime Nounou'", raconte-t-elle avec une pointe d'émotion. "C'est pour ça qu'on fait ce métier." De quoi alimenter encore un peu plus le sourire de Dorothée Giangreco.
07/01/2025
🎨 Portrait d'accueillante 🎨
Christelle Gerin, accueillante de défis
C'est un face-à-face quotidien, à quatre contre un. D'un côté, installés sur leur chaise haute et équipés de leur bavoir "Xmas dinner" rouge ou vert, Aloïs, Gabriel, Eva et Mara dégustent joyeusement leur mélange de légumes entre silences de satisfaction et cris d'euphorie. De l'autre, Christelle Gerin jongle. Elle regarde attentivement les quatre enfants, en aide deux à manier la cuiller, ramasse les petits pois et les bouts de haricots qui s'échappent des assiettes, distribue les gourdes et se saisit rapidement d'une lavette pour éponger l'eau qui s'écoule après une maladresse. "Il faut toujours avoir le matériel nécessaire près de soi", s'amuse-t-elle, prête à réagir au prochain défi.
On pourrait penser le face-à-face déséquilibré mais il en faudrait beaucoup plus pour déstabiliser l'accueillante et ses plus de 16 années d'expérience. Son sourire et son plaisir dominent, sans stress ou tension. "Ce que j'aime c'est l'amour des petits, ce qu'ils nous apportent", explique-t-elle spontanément. "On les accueille tout petits, on les voit grandir, on revoit les photos par la suite et on se dit qu'on a fait du bon travail."
Ce métier d'accueillante, d'accompagnatrice privilégiée des premiers pas, elle a pourtant risqué de ne jamais l'exercer. La jeune Christelle veut d'abord devenir puéricultrice pour répondre à son amour "inné" pour les enfants mais ses parents la poussent plutôt vers la formation de vendeuse-étalagiste. "J'ai toujours voulu avoir un petit frère ou une petite soeur et je ne voyais pas beaucoup mes cousins et cousines quand j'étais jeune, c'était quelque chose qui manquait dans ma vie", raconte-t-elle. "Alors quand j'ai eu mon diplôme, je me suis rapidement dit que ce n'était pas fait pour moi. Il fallait que je sois entourée d'enfants."
Christelle tient parole en commençant par fonder une famille et s'inscrit pour suivre la formation d'accueillante. Son parcours s'accélère et la nouvelle professionnelle entame sa carrière aux côtés de l'asbl Alis en septembre 2008. "J'ai eu la chance de faire mon stage chez madame Gera, j'ai trouvé tellement magnifique ce qu'elle faisait, tout ce qu'elle pouvait apporter humainement", se souvient-elle. "Pour moi aussi c'est alors devenu une évidence."
Plus de 16 ans plus t**d, Christelle chérit encore son choix. Avec le soutien de son mari "Nini" devenu aussi coqueluche des enfants, l'accueillante "Nanou" a adapté son domicile d'Havré aux exigences du métier, notamment en troquant le mobilier contre des tables et des chaises pliantes afin d'agrandir l'espace de jeu. Elle accorde également beaucoup d'importance au bien-être de ses compagnons de journée et se lance constamment des défis pour faciliter leur évolution. "Toujours dans la bienveillance et jamais dans le forcing", tient à souligner Christelle. "Par exemple, si un enfant arrive plus t**divement et qu'il ne sait pas manger, pour moi ça devient un défi. J'essaye toutes les astuces, avec les tétines coupées sur les biberons, pour qu'il finisse par manger à la cuiller. Je me souviens qu'un petit était arrivé chez moi et qu'il ne mangeait pas, on y est arrivé en trois semaines. C'est une de mes fiertés."
Les quatre enfants autour de Christelle n'ont pas ce problème. Après avoir dévoré les légumes, ils abandonnent leur chaise et filent s'amuser bruyamment au pied du sapin illuminé. Car c'est jour de fête chez l'accueillante, où le père Noël a déposé un jeu collectif. "J'essaie de leur apporter beaucoup de choses en étant attentive à tous les niveaux, la propreté, l'apprentissage, l'adaptation par rapport à l'âge, la découverte. Je suis l'évolution des enfants, c'est très important", ajoute-t-elle en les surveillant du coin de l'oeil. "J'adore ce que je fais mais les journées sont longues. Je trouve d'ailleurs que les accueillantes ne sont pas assez valorisées, c'est un métier très mal connu."
C'est heureusement le contraire dans sa propre famille, car Christelle semble avoir transmis sa passion à ses propres enfants. "Ma grande fille a presque 24 ans et elle adore être entourée d'enfants, elle a choisi d'être éducatrice. Mon autre fille veut être enseignante maternelle et la petite dernière dit qu'elle veut faire comme moi. On recrute chez Alis mais elle est un peu jeune, elle a 12 ans", rigole-t-elle. Chez les Gerin, l'amour pour les enfants n'arrive jamais trop tôt.
03/12/2024
🎨 Portrait d'accueillante 🎨
La grande famille de Valérie Carion
Elles ne sont que trois aujourd'hui dans la cuisine devenue progressivement lieu de rassemblement. Trois générations complices, complémentaires. Pendant que l'accueillante Valérie lance la cuisson du repas à base de légumes du jardin, sa fille Orianne surveille affectueusement la petite Barbara et ses 9 mois d'énergie. "J'ai quatre enfants et avec ceux que j'accueillais à l'époque, il y en avait parfois jusqu'à neuf dans la maison", inventorie la Française d'origine. "Je n'ai pas prévu de pièce à part pour les petits parce que c'est un lieu d'accueil familial, la maison a été transformée en fonction de ma famille. Les enfants vivent avec nous, c'était une volonté." "On partage tout", abonde la jeune adulte Orianne, qui participe à la mémoire professionnelle de l'accueillante en confirmant les dates, les prénoms, les anecdotes.
A Quévy-le-Grand, l'histoire de Valérie Carion se raconte au pluriel, en équipe. En famille évidemment.
La carrière de Valérie commence par un heureux hasard, lui aussi familial d'ailleurs. A son arrivée en Belgique, la native de Maubeuge recherche d'abord un emploi de coiffeuse ou de secrétaire mais ne trouve pas la juste proposition. Elle la déniche lors de ses visites régulières chez sa belle-soeur, accueillante pour l'asbl Alis à Goegnies-Chaussée. "Il y avait souvent les enfants qu'elle accueillait", se souvient Valérie. "Elle m'a dit: 'Pourquoi tu ne ferais pas comme moi?' Et j'ai débuté comme ça, d'abord avec elle et puis toute seule. C'est tout bête."
L'accueillante adopte sa nouvelle profession à partir de 1995 et s'adapte naturellement à cet inattendu quotidien. "J'avais déjà tout aménagé pour mon fils qui avait un an", complète-t-elle. Les "petits loulous" se succèdent alors entre les bras de "Nounou Lili", la maison s'agrandit au même rythme que la famille et le domicile de Quévy-le-Grand devient une sorte de cour de récré miniature. "Mes enfants ont toujours partagé leur chambre, leurs jouets", raconte Valérie pendant que Barbara dévore un biscuit et qu'Orianne opine. "Mon fils participait surtout pour s'amuser et faire le clown avec les enfants. Mes jumelles m'aident encore, l'une est assistante sociale et l'autre éducatrice spécialisée. Avec Orianne, on a un projet de tableau avec des activités sensorielles par exemple." Elle souligne également l'importance du soutien de son mari Christophe, affectueusement rebaptisé "Totophe" par les enfants. "Il travaille à l'usine derrière. Durant une vingtaine d'années, il prenait son repas de midi à la maison mais avec le temps il a préféré rester sur son lieu de travail car la cuisine était souvent encombrée de petits bouts", explique Valérie. "Mais les enfants le reconnaissent quand il revient de son travail."
A travers les décennies, l'accueillante a alimenté son dynamisme et son sourire grâce aux retours affectueux d'environ 80 enfants, une chaleur nécessaire pour résister aux difficultés de la profession. "Il faut avoir un fameux mental pour faire ce métier, l'aimer vraiment", témoigne-t-elle. "Il faut gérer sa maison, gérer sa famille, gérer les enfants. On doit se donner à 100%. Même si j'ai eu un souci la veille, ma priorité de la journée sera toujours les enfants."
La générosité de Valérie n'est pas passée inaperçue, comme en témoigne sa collection de tasses personnalisées des photos de ses anciens compagnons de journée. Elle reçoit aussi ponctuellement la visite des enfants qui ont animé sa maison par le passé. "Encore aujourd'hui une petite, une de mes premières, vient me dire bonjour quand elle le peut. Je dis 'petite' mais elle a 30 ans maintenant", s'amuse l'accueillante. "Une autre m'a demandé de devenir sa marraine de coeur quand elle avait 10 ou 12 ans. Elle est arrivée ici à deux mois et demi, elle est partie à 3 ans. C'est qu'elle s'est quand même souvenue de ce qu'elle a vécu. Ca fait plaisir."
Les membres supplémentaires, désormais permanents, de la grande famille de Valérie.
26/11/2024
Aujourd'hui, c'est le lancement de la campagne de promotions du métier d'accueillant(e) d'enfants à domicile. N'hésitez pas à la relayer le plus largement possible!
Une brique🧱après l’autre, participer à la construction d’un socle solide sur lequel l’enfant pourra grandir, se développer et partir à la découverte du monde🌎, c’est cela aussi être accueillant(e) d'enfants à domicile !
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